Accéder au contenu principal

Articles

Affichage des articles du avril, 2005
Dans le genre "mauvaise surprise vocale" : la voix de Dominique de Roux. Pointue, venimeuse, persiflante, une voix aigre de vieille femme, on imagine une actrice sur le retour et vacharde. Petit rat frustré. Ses écrits m'avaient donné la même impression, très pète-sec, poseur mais seulement cela. Le côté petit jeune homme sec et vain de Jean-René Huguenin, sauf qu'on peut toujours, si l'on est en veine d'indulgence, que Huguenin était jeune justement, et n'avait pas eu le temps de grandir.

Cela dit, ne pas oublier que les voix françaises, jusque dans les années 60 étaient pointues, haut perchées, que l'on est plus guttural aujourd'hui.

Ces petits hommes secs, freluquets méchants. C'est comme ça que j'imagine aussi la voix de Saint-Simon.
Nissim Rejwan, The Jews of Iraq. Jolies pensées sur l'institution du mariage, à l'époque des juifs de Babylone :

"Considering what a wife could fo for him, the Jew was enjoined to love his wife like his own self and to honour her even more. Few things were considered as peace within the home and the family. This is one reason why polygamy seems to habe been rare amongst Babylonian jewry ; they practised monogamy despite the fact that the Bible permits a man to have more than one wife. Also, because of the insistence upon a quiet, peaceful and dignified family life, great care was exercised in the selection of a husband or a wife for one's daughteror son. Disparity in age between husband and wife was discouraged ; and marriages based primarily on financial considerations were greatly condemned.

Hereditary hazard were stressed, and the probability of children who would be freak or extreme as much as it was possible. Thus the rabbis urged that a tall man should not marry a…

Le Château dans le ciel

Le Château dans le ciel. Très bon dessin animé, vif, agréable, avec beaucoup de rebondissements et de suspens, sans aucun temps mort, sentimental sans mièvrerie.
"En vérité, je suis un sensitif. Au dix-huitième siècle, on aurait dit : un sensualiste. Cela signifie-t-il que je me suis bâti, comme Helvétius, une morale de l'égoïsme absolu ? Non, car je suis, aussi, orthodoxe, et je crois à la consubstantialité entre les gens que j'aime et moi."

"Le cafard ne résiste pas à un vrai bon repas. Steak au poivre, roquefort, un grand bourgogne.

Lorsque je suis légèrement cuité, je déborde d'amour pour l'humanité entière. ça ne dure pas, mais c'est agréable."

"La vérité est que je me fous de mes idées (sur Dieu, sur le monde, etc.). Je les défends parfois avec fougue, mais ce n'est qu'une sorte de jeu. Je pourrais aussi bien soutenir le contraire. D'ailleurs, cela m'arrive."


"Être insulté m'amuse. Être insulté, c'est rajeunir de dix ans."

"Être écrivain, c'est être quelqu'un d'un peu monstrueux. Nous avons un coeur en forme de stylo."

""Et Dieu essuiera toutes larmes de nos yeux..." C'est le côté nurserie du christianisme."

"Depuis qu'elles m'ont lu, toutes ces petites jeunes filles chrétiennes rêvent de me "sauver", et, comme par hasard, chacune d'elles est convaincue que le chemin de mon salut passe par son lit."

"Ecrire un livre, c'est une joie. Mais lorsqu'on est un homme timide et distant, les mois qui suivent sa sortie sont un cauchemar. Voir des gens. Se pousser. Affreux."


Les Choristes

Vu Les Choristes. Je comprends que ce film ait fasciné tant de gens si l'on met ça en lien avec les réactions de masse qui ont suivi la mort du pape et irrité les anti-cléricaux convaincus. Car ce film est fondamentalement chrétien. C'est un film sur la rédemption. Mais pas la rédemption fondée sur la souffrance, l'expiation, etc. Non, c'est très janséniste comme film, tout est une histoire de Grâce, la rédemption par la Grâce, celle qui change le mauvais ange en Angèlos messager, les ténèbres en lumières parce que le doigt de Dieu te tombe dessus : celle du don, exceptionnel et immérité d'une belle voix, mais aussi de celle qui change une âme perdue en enfant de Dieu, le côté "miracle de la conversion"... Et le facteur déclenchant de ces conversions ? Les trois vertus théologales : la Foi, l'Espérance, la Charité. Mais qui agissent dans l'ordre inverse dans le film : d'abord la Charité (que tout le monde aujourd'hui s'imagine comme un…
De toutes les discussions émotivo-religieuses qui ont suivi la mort du pape, je ne prête attention qu'à mes réactions : les chrétiens m'énervent, ils sont lourds et limités, les athées m'énervent, ils sont lourds et frustrés. Je n'aime pas les clercs, je n'aime pas les anti-cléricaux, je n'aime que les outsiders, les mystiques.
"Les fées sont toujours d'un certain âge et quelque peu sévères. Car autrement, il faudrait bien que dans un conte quelconque, lors des trois souhaits habituels, il arrivât que le garçon, pour une fois, souhaitât posséder la fée."


"Un Dieu qui devient un bébé, c'est consternant. Un pauvre type qui devient Dieu, c'est quand même autre chose."


Chamane

De ce film je ne saurais dire s'il est bon ou mauvais tellement il correspond à ma pente : les chamanes, les esprits, les voyages d'initiation, et aussi cet éclatement de joie dans tout le corps qui sur la fin saisit le héros quand il comprend qu'il a tout laissé ce qui n'était plus lui. Le voyage et l'aventure spirituelle brûlent l'âme si fort...

Les premières scènes m'ont serrée le coeur, elles me rappelaient les Récits de la Kolyma.

Sur le lac Baïkal, quelques instants, la voix de Vissotsky.

Méchant

"-Caustique ? Vous voulez dire : méchant ? Oui, je suis un peu méchant, dit Settembrini. Mon regret c'est que je sois obligé de gaspiller ma méchanceté à des sujets aussi misérables. J'espère que vous n'avez rien contre la méchanceté, mon cher ingénieur. A mon sens, c'est l'arme la plus étincelante de la raison contre les puissances des ténèbres et de la laideur. La méchanceté, monsieur, est l'esprit de la critique, et la critique est à l'origine du progrès et des lumières de la civilisation."


La voix de Sartre (entre deux grèves sur France Culture). Posée, fine, amusée, intelligente. A cent lieues, bizarrement, de l'image méprisable que j'ai de l'intellectuel dogmatique mouillant devant le Parti, l'Ouvrier, la Pensée (stalinienne). Une séduction indéniable. J'avais eu la même surprise en entendant Boulez, un jour, dont je n'avais jamais écouté la musique, mais dont j'avais aussi l'image d'un dogmatique épouvantablement sectaire. Récemment j'ai écouté la musique de Boulez, j'ai bien aimé. Je me souviens aussi que quand j'avais 17 ans, Les Chemins de la liberté était un de mes livres de chevet, et Ivich mon "héroïne favorite dans la fiction" pour parler comme Proust.

(séduction importante de la voix dans tout ça, du ton, du rythme, des moments où elle s'élève, où elle reste égale. La sérénité de la voix est très importante, pour Boulez le charme avait agi de même. C'était même aussi important que les mots dits,…
"...et lorsque l'Angleterre entre dans un conflit européen, l'histoire enseigne qu'elle ne s'en retire qu'après avoir vaincu."

"Elle avait terriblement peur parce qu'elle se rendait compte qu'elle allait mourir. C'était une très jeune fille, de sorte qu'il faut, somme toute, l'excuser. Mais il y a aussi des hommes qui se conduisent quelquefois ainsi, ce qui est naturellement un laisser-aller inexcusable. Dans ces cas-là, Behrens sait d'ailleurs leur parler, il sait trouver le ton juste en de telles circonstances.

- Quel ton ? demanda Hans Castorp, les sourcils froncés.

- Ne faites donc pas tant de manières, répondit Joachim. Du moins l'a-t-il dit récemment à l'un d'entre eux, nous le savons par l'infirmière-major qui était là et qui aida à maintenir le mourant. C'était un de ceux justement qui pour finir font une scène effroyable et ne veulent absolument pas mourir. Alors Behrens l'a rappelé à l'ordre : "Ne faites donc pas "tant de manière", a-t-il dit, et aussitôt le malade s'est calmé et il est mort tout à fait tranquille."