mercredi 31 août 2005

Alien


"Il avait souvent du foin dans ses manches. Ses jambes de pantalon étaient constamment déchirées et éclaboussées. Les semelles de ses chaussures étaient toujours encroûtées de plusieurs épaisseurs de litière de poule. Son apparence, rapportée à celle de ses pairs, invitait ouvertement à la moquerie. Qu'il aurait dû affronter tôt ou tard, de toute manière ; petit paysan paria et solitaire, à Baker il était une cible toute désignée pour la discrimination. Mais alors, avec cette allure-là, qui appelait les attaques les plus basses contre lui, il aurait pu aussi bien être une mère porteuse juive guatémaltèque au chômage. Il était parti pour écoper."


Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu de façon aussi vivifiante, nutritive. Presque terminé l'enfance de John. Magnifique alien, avec qui je me sens de grandes affinités, surtout dans son côté "bouche-bée" devant la violence et la bêtise, cette sidération "j'y crois pas, ils sont quand même pas aussi cons ?" qui le fait réagir si tardivement, si en décalé devant les agressions humaines. Seuls les animaux sont sympathiques pour le moment, comme bien souvent, en fait. A part ça très beau livre, prodigieusement tendre et mélancolique, d'une très grande poésie, noire mais plus douce-amère que âcre.

mardi 30 août 2005

Le Seigneur des porcheries


"Un seul incident, survenu au milieu de sa deuxième année, lui avait permis de tout mettre en perspective. Comme il le raconta plus tard, vers la fin du mois de novembre, un petit cocker égaré qui n'avait sans doute pas plus de dix semaines se mit à sortir des bois à l'est de la route, juste au-delà du cimetière, pour venir s'amuser avec les élèves durant les récréations. Personne n'y trouva à redire durant les premières semaines, mais à la mi-janvier les professeurs commencèrent à se plaindre. Le chiot apparaissait à heures régulières, attendant sous la cage à poules pendant des heures d'affilée. C'était une cause de distraction et un poison. Les élèves lui lançaient des boulettes par la fenêtre chaque fois qu'un professeur tournait le dos. Un après-midi, il fut introduit dans le bâtiment principal au fond d'un sac marin et lâché dans le hall. Le principal, un ex-marine bedonnant du nom de Roy Mentzer qui avait perdu trois doigts dans un accident de tronçonneuse - dont l'index, ce qui l'excluait du club des chasseurs de gibier d'eau de Baker -, essaya alors de faire déguerpir l'animal de force. Mais, dans sa maladresse, il se fit mordre sous les yeux de plus de trente élèves. Il était humilié et embarrassé. Il appela aussitôt le bureau du shérif pour demander de l'aide. Trente minutes plus tard, deux agents arrivèrent sur les lieux. A ce moment-là, le chiot avait été ramené dans la cour et la récréation battait son plein. Après avoir passé cinq minutes à tenter en vain de l'apprivoiser pour s'en emparer, les agents renoncèrent, dégainèrent leurs revolvers et l'abattirent sur-le-champ sous les yeux horrifiés de deux cents enfants.

Jusqu'à la fin de ses jours, John jurerait que c'était le plus bel exemple de saloperie péquenaude qu'il ait jamais vu. Ce qui est beaucoup dire. Il excuserait plus tard les diffamations dans la presse, les licenciements expéditifs sur le lieu de travail et autres pugilats d'ivrognes dans les bars comme des perversions intrinsèques à la région. Mais il ne pourrait jamais, sous aucun motif, se résoudre à accepter l'exécution de cet après-midi-là."

"Il ne cessait de se remémorer ce qu'elle lui avait dit, qu'il était censé vivre les plus belles années de sa vie.
Et vous trouvez ça drôle, concluait-il."

lundi 29 août 2005

Métamorphoses

"A l'égard des animaux sauvages, les sentiments équivoques des êtres humains sont peut-être plus dérisoires qu'en aucun cas. Il y a la dignité humaine (au-dessus de tout soupçon apparemment) mais il ne faudrait pas aller au jardin zoologique : par exemple quand les animaux voient apparaître la foule des petits enfants suivis des papa-hommes et des maman-femmes."

Animaux sauvages, Georges Bataille.

Le Seigneur des porcheries


"John Kaltenbrunner était systématiquement le meilleur dans ce qu'il faisait bien, mais pour tout le reste c'était un incapable et un je-m'en-foutiste doublé d'un maladroit. C'est-à-dire que dès l'instant qu'il trouvait sa vocation il était absolument impossible de l'arrêter, mais en attendant c'était toujours et à tout jamais les abonnés absents. Il n'était animé que parce qui le possédait jusqu'à l'obsession. Le reste - toutes les nécessités et exigences de la vie quotidienne - lui échappait pour n'être que distraction périphérique."


samedi 27 août 2005

Romantisme, romantique

Si je fais la liste des morceaux musicaux dans lesquels je me reconnais passionnément, je veux dire si je faisais le film de ma vie quelle musique d'accompagnement, quel chant de ralliement, quel refrain intérieur.... je veux dire les musiques qui vous font dire "ah ça, c'est moi."

En désordre, c'est-à-dire sans hiérarchie particulière, ça dépend des moments :

- Beethoven : l'allegro moderato et l'andante con moto du concerto n° 4 pour piano et orchestre, (pour les jours "soleil perçant les nuages, sourires dans la pluie) ;

- Brahms : l'andante moderato du 1er sextuor;
- Kreisler : Praelidium & allegro "Pugnani"; (les deux pour la subjectivité passionnée, l'amour tellement intériorisé, contenu, qu'il se fait presque hautain, martial) ;

-Schubert : l'andantino de la sonate n° 20 pour piano (peut-être mon préféré en ce moment, jamais on n'a écrit quelque chose de plus tendre, de plus déchiré et en même temps si pudique, si retenu).

jeudi 25 août 2005

Eclat de rire


"Elijah, comme moi, peut être considéré comme un virtuose de l'oisiveté. En effet, avant d'ouvrir sa forge, il a consacré sa vie à critiquer la terre entière, assis sur son tabouret, et si, pour le dire comme Fausto, l'université de SantaCruz créait un département de ronchonnerie appliqué, Elijah serait immédiatement nommé docteur honoris colza."


Le Capitaine Fracasse

Relecture des aventures de Sigognac (en raison du pur hasard de la lecture ordonnée du désordre de mes étagères, pas de paonneries). Cent fois mieux que Les Trois Mousquetaires. D'ailleurs j'ai toujours trouvé d'Artagnan un peu con, et le 17° siècle de Gautier est baroque et espagnol à souhait, pas comme le décor fadasse de Dumas. En fait il me fait penser à Gaspard de la nuit.

"Le temps était devenu mauvais, et de larges gouttes de pluie, poussées par la rafale, tintaient sur les vitres secouées dans leurs mailles de plomb. Quelquefois le vitrage semblait près de ployer et de s'ouvrir, comme si l'on eût fait une pesée à l'extérieur. C'était le genou de la tempête qui s'appuyait sur le frêle obstacle. Parfois, pour ajouter une note de plus à l'harmonie, un des hiboux nichés sous la toiture, exhalait un piaulement semblable au cri d'un enfant égorgé, ou, contrarié par la lumière, venait heurter à la fenêtre avec un grand bruit d'aile."

Ran


Hier, vu Ran. Bien sûr j'ai aimé, mais c'est à peine une surprise. N'importe quel film de Kurosawa avec des samourai m'enchante (mon préféré restant Après la pluie). Mais c'est marrant ça m'a donnée envie de revoir OK Corral, qui est mon western préféré, inconditionnellement.

mercredi 24 août 2005

Sacrifices

"Moi, j'existe, - suspendu dans un vide réalisé - suspendu à ma propre angoisse - différent de tout autre être et tel que les divers événements qui peuvent atteindre tout autre et non moi rejettent cruellement ce moi hors d'une existence totale."

"Dans cette révélation de la libre nature divine, la direction obstinée de l'avidité de la vie vers la mort (telle qu'elle est donnée dans chaque forme de jeu ou de rêve) n'apparaît plus comme un besoin d'annulation, mais comme la pure avidité d'être moi, la mort ou le vide n'étant que le domaine où s'élève infiniment - par sa défaillance même - un empire du moi qui doit être représenté comme un vertige. Ce moi et cet empire accèdent à la pureté de leur nature désespérée et ainsi réalisent l'espoir pur du moi qui meurt : espoir d'homme ivre, reculant les bornes du rêve au-delà de toute limite concevable."

"C'est la volonté de purifier l'amour de toute condition préalable qui a posé l'existence inconditionnelle de Dieu comme objet suprême du ravissement hors de soi. Mais la contrepartie conditionnelle de la majesté divine principe de l'autorité politique entraîne le mouvement affectif dans l'enchaînement des existence opprimées et des impératifs moraux : elle le rejette dans la platitude de la vie appliquée où dépérit le moi en tant que moi"

George Bataille

L'anus solaire

Belles phrases, fulgurantes.

"Le coït est la parodie du crime."

"Un chien dévorant l'estomac d'une oie, une femme ivre qui vomit, un comptable qui sanglote, un pot à moutarde représentent la confusion qui sert à l'amour de véhicule."

"Les êtres ne trépassent que pour naître à la manière des phallus qui sortent des corps pour y entrer."

"La mer se branle continuellement."

"La terre se branle parfois avec frénésie et tout s'écroule à sa surface".(penser au prochain tremblement de terre, qu'elle se branle).

"Je désire être égorgé en violant la fille à qui j'aurai pu dire : tu es la nuit."

Hommage

Hommage c'est-à-dire, en dehors de son sens féodal, admiration, reconnaissance, éloge. Pourquoi diable se met-on maintenant à rendre hommage aux victimes, de quoi que ce soit, et surtout d'un accident, la chose la moins volontaire qui soit ? Déploration est plus juste. Finalement on vit une époque pessimiste (scrogneuneu), où souffrir est admirable et non à déplorer. Héroïsation des victimes, dégoût des héros.

Histoire de l'oeil




Décidée à lire un peu plus sérieusement Bataille, récupéré chez mon père le tome 1 de ses oeuvres complètes. Lu l'Histoire de l'oeil, la partie 1. ça ressemble assez à Sade pour ce qui est du récit bâclé et des péripéties hâtives et bousculées (mais c'est comme dans les films pornos, on ne délaie pas le scénario dans les transitions pour amener les persos aux scènes de baise), des ficelles faciles (voyages, riche Anglais surgi par miracle, etc) du comique aussi (peut-être pas volontaire chez Bataille, mais j'ai toujours senti un rire chez Sade). C'est bien mieux écrit (et même superbe écriture, très maîtrisée, très virtuose) que chez l'Alphonse, mais comme pour lui ça se lit pas d'une traite, plutôt morceau par morceau, parce que c'est quand même répétitif et un brin chiant.

La deuxième partie, les commentaires, m'intéresse plus a priori. Je vais voir.

"J'ai commencé à écrire sans détermination précise, incité surtout par le désir d'oublier, au moins provisoirement, ce que je peux être ou faire personnellement."

lundi 22 août 2005

On s'en fout

L'industrie française de la chaussure de luxe va mal.
Cet été, j'écoute les cours de Michel Onfray, l'université populaire de Caen, retransmis sur France Cul. J'avais assez aimé ceux sur l'épicurisme. Parce que c'étaient de bons cours : quelque chose de clair, de simple, avec de l'humour. Après son missionnariat pour l'athéologie m'avait un peu gonflée, quoique je n'ai pas lu le livre, parce que ç'avait l'air d'être seulement ce qu'on entend partout, mâchonner par l'air du temps, "les religions c'est la guerre, gnin gnin gnin, et le retour de l'intégriste etc", tout juste s'il n'allait pas parler du voile, d'ailleurs il se peut qu'il l'ait fait.

Mais là je le trouve mieux. J'aime bien ce qu'il dit quand il explique que l'esclavage n'a jamais disparu, que les esclaves sont livreurs de pizzas, ou rmiste, ou simplement tout juste salariés pour ne pas être à la rue. Et peut-être ce qu'il a dit sur les chamanes, rencontrés lors d'un voyage au Grand Nord.

samedi 20 août 2005

Cristal de roche


Toujours aussi sidérée par la nouvelle de Stifter. Comment avoir pu écrire ce joyau grave uniquement avec les bons et pieux sentiments d'un conte de Noël qui, en plus, finit bien ?

"Quant à la montagne, elle restera gravée dans la mémoire des deux enfants, et lorsqu'ils seront dans le jardin, que le soleil, comme autrefois, brillera de tous ses feux, que l'air sera empli des effluves du tilleul en fleurs et du bourdonnement des abeilles, leur regard se fera plus grave en la voyant se dresser devant eux, haute et bleue sous le tendre firmament"


Dessins italiens au Louvre, jusqu'au 29, De la Renaissance à l'âge baroque.




41. Etude d'une tête de jeune femme, Eusebio da San Giorgio, pierre noire, et Sebastiano del Piombo, Tête de la Vierge.

La beauté des corps féminins, de la renaissance à l'âge baroque, c'est l'enchantement du sculpteur. Tout en rondeurs et souplesse. Ventre rond et proéminent, fesses grasses, double menton. Y répondent les muscles durs, puissants, des hommes. Des corps idéaux, plein d'appétit sexuel.

48. Soldats pesant leur butin. Tadeo Zuccaro. Les fesses du soldat, à gauche, au premier, s'avancent d'un façon, un peu équivoque, un peu canaille, comme les garçonnets des dessins de Joubert.

Figures agenouillées, beaux visages, mêmes jolis minois sur des corps d'athlètes.

Du même, Le Pape Alexandre III recevant Frédéric Barberousse. On retrouve les fesses appétissantes du soldat, toujours au premier plan, à gauche.

26. Salviati. Ravissante petite tête masculine au profil grec, à la lèvre butée, qui disparaît sous l'énorme casque.

36. Tête de religieuse. Bazzo (il Sodoma). Toujours cette piété aux paupières baissées, sourire voilé, imperceptible, au coin des yeux et des lèvres. Jardin de roses clos.


38. Tête de jeune homme, de profil. D. Beccafumi. Très moderne, très Années Trente. Et pourtant, une très grande puissance dans le dessin, une connaissance anatomique parfaite qu'on a beaucoup moins au 20° siècle.

83. Jeune garçon, vu de dos, tête de profil. F. Mazzuola. Joli portrait d'adolescent.

88. Ulysse et les ombres des morts. Très beau Le Primatice. Une sanguine assez sombre, brique, très chaude.



92. C. Boccacino. Nativité tragique. Jésus en très gros bambin, taille d'un enfant de huit, neuf ans, comme jeté au sol, désarticulé, dans une attitude cadavérique. La Vierge au dessus va le recouvrir d'un linge, comme un linceul. Joseph semble en pleine déploration.

97. L. Cambiaso. La Célébration du synode. Comique assemblée de lémures.

9. Bonifacio de Pitati. Très belle tête d'homme. Mûr, mélancolique, bonté saturnienne.

21. Etude pour un larron crucifié. Baccio Bandinelli. Splendide bête humaine, fauve masculin.

74. Dosso Dossi. Deux beaux petits paysages urbain en lavis. Mystère délicat, songeur, des bâtiments.

99. Agostino Carrache. Etudes de têtes. Très beau visage de garçon, en bas à droite. Toujours ces paupières baissées, cette moue de dédain, noblesse enfantine.

65. Un Evangéliste. Atelier de C. Roncalli. Jeune homme (Saint Jean ?), la tête levée, la plume en l'air, un peu comme dans L'Inspiration de Fragonard, mais un air à la fois furieux et inquiet, ça n'a pas l'air simple d'être le sténodactylographe de Dieu.

62. Tête de Saint Joseph. Le Baroche. Toujours cette splendeur des visages baissés sur leur secret. Rides d'inquiétude, pour Saint Joseph. ça n'a pas l'air non plus de tout repos d'être le beau-père de Dieu. Traits presque sans dessin de crayon, sfumato de craie blanche, juste les traits de barbe noire, légers.

105. Jupiter et Junon. Annibal Carrache. Première fois que je vois Junon autrement qu'en sévère matrone. Belle femme, un peu androgyne dans la dureté du profil, se penche nue sur Jupiter qui lui retrousse les jupons, tandis qu'elle avance sa cuisse vers le lit avec une assurance sans équivoque, une espèce de retenue canaille, un peu à la Katherine Hepburn, séduction menée tambour battant.

114. Prêtre et accolytes célébrant la messe. Ghezzi Pietro. Les deux enfants se font la courte échelle dans le dos du prêtre (pour rajuster son étole ?).

115. Du même, trois moines dans un réfectoire. A leur pied, en mimétisme, deux gros chats nourris par un moine lilliputien.

jeudi 18 août 2005

Farrago


"- Il faut avoir la main haute sur ses rêves, a dit Nand. On ne doit pas les laisser prendre le dessus, parce qu'au fond, les rêves sont en nous comme des étrangers. Même quand ils sont animés des meilleurs intentions, ils demeurent prêts à tous les sacrifices pour parvenir à leurs fins, et s'il le faut, ils détruiront sans la moindre hésitation l'être qui les porte en lui-même, l'homme qui les inspire et qui les nourrit en son sein. Seul compte l'accomplissement de leur destin. Nous pouvons appartenir à nos rêves, nous pouvons nous abandonner à eux corps et âme, mais jamais un rêve n'a appartenu à personne."


La Face d'un autre


Alors le masque commença d'épaissir jusqu'à devenir une fortification de béton m'entourant. Et moi, enveloppé entièrement par cette armure de béton, sortis de nuit dans la ville, avec l'assurance d'une troupe de chasseurs lourdement armés. Je regardai par le créneau et la ville me sembla être une réunion de niches pour chats sauvages infirmes. Chacun y cherchait sa queue, son oreille ou sa patte coupée. Tous se croisaient en ayant l'air affamé et rôdaient en reniflant avec méfiance. Quant à moi, caché derrière le masque sans nom ni état ni âge, je jouissais en triomphe d'une sécurité promise à moi seul. Si leur liberté était limitée par un verre dépoli, la mienne ne l'était que par du verre transparent. D'emblée, mon désir avait atteint au point d'ébullition et je ne pouvais me retenir d'expérimenter ma liberté. On ne se comporte souvent que comme si la vie n'était en fait que l'accumulation de liberté. Mais ce n'est qu'une illusion causée par la perpétuelle pénurie de celle-ci. Quand on donne à la vie ce but erroné, on finit par discuter de ce qui se trouve au-delà des limites de l'univers. Et, à partir de ce moment-là, il n'y a plus d'autres ressources que celle de devenir aliéné ou mystique."


On s'en fout

Les jeunes catholiques sont soucieux de morale sexuelle.

Portrait chinois : si j'étais trois tableaux



dimanche 14 août 2005

On ne dit pas je t'aime pour se donner du courage


"Si un homme t'aime vraiment, m'avait dit Ophelia une nuit, il ne va pas te le répéter toutes les trois minutes. S'il le fait, c'est qu'il n'en est pas si sûr. On ne dit pas je t'aime pour se donner du courage. Et je ne te parle même pas de celui qui te dit je t'aime pendant l'amour. Il compte encore moins."


samedi 13 août 2005

Les Cigognes


"Fumée et cendres forment
Comme des croix.
Plus de nids de cigognes
Sur les toits.

Epis lourds, couleur d'ambre,
A-t-on le temps ?
Non, on a semé, il semble
Pour du vent.
Le ciel rouge et or, est-ce, dis,
Un mirage ?
C'est, au loin, l'incendie
Qui fait rage."

Ballades, Vissotsky, Chanson du film "Guerre sous les toits", 1967.

mercredi 10 août 2005

The Ballad of Reading Gaol

He did not wear his scarlet coat,
For blood and wine are red,
And blood and wine are on his hands
When they found him with the dead,
The poor dead woman whom he loved,
And murdered in her bed."

I, Oscar Wilde.

lundi 8 août 2005

Le Code pénal



"J'ai le coeur qui bat comme un oiseau blessé
Quand je commence l'article qui parle de moi.
Le sang aux tempes n'arrête pas de cogner
Comme les flics quand ils viendront pour moi."

1964, Ballades, V. Vissotsky.

vendredi 5 août 2005

Pourquoi je n'aime pas les hommes beaux ?




"La beauté est bien ce qui est le moins susceptible de vous séduire chez les hommes. Ce que vous aimez en eux ne sont pas les qualités qui les rapprochent des femmes, mais ce qui les en différencie : leur intelligence, leur vue du monde, pas toujours très juste peut-être, mais qui vous semble nouvelle, et aussi le mystère de leur fonction virile. Oui, madame, vous êtes comme ça. Ce n'est pas la peine de me regarder avec cet air choqué derrière votre masque. J'ajouterai que, plus un homme se détache du troupeau commun, plus vous le reconnaissez pour maître. C'est pourquoi vous aimez les originaux, les parias, les révoltés. Voilà pourquoi vos amours ne finissent pas toujours très bien. Pourvu qu'un homme sache vous distraire et vous faire rire vous êtes prête à le suivre jusqu'au bout du monde. Que, par là-dessus, il ait la robustesse et la science suffisantes pour combler les exigences de votre petit corps raffiné, vous lui pardonnez tout."


mercredi 3 août 2005

Derrière l'éloge, le fat

"Car celui qui loue affirme, apprécie, évalue, juge : il s'arroge le droit de pouvoir affirmer, de pouvoir attribuer un honneur..."

Nietzsche, La Volonté de puissance, La Volonté de puissance en tant que morale III, L'Individu, 2.

La Volonté de puissance

Sur la fin, on sent bien que Nietzsche, s'il n'était pas devenu fou, aurait pu virer au vieux con amer et haineux.

Avec tristesse

Frappée soudain par la tristesse du premier mouvement de la Deuxième Sonate (op.7) pour piano-forte d'Edelmann... Quelle mélancolie pesante, et prenante... je regarde l'envers du CD, et je m'aperçois qu'il a appelé ce mouvement Avec tristesse justement.

Cherchez l'erreur

Les politiques occidentaux et leurs bonnes presses, qui n'ont pas de mots assez durs pour stigmatiser le terrorisme islamiste, pleurnichent tous sur la mort du roi Fahd.

Le wahhabisme, ce cancer de l'islam.

lundi 1 août 2005

La Fin


"Fierro ne se releva pas. Immobile, le nègre paraissait surveiller sa laborieuse agonie. Il essuya son propre couteau ensanglanté sur l'herbe et revint à la maison avec lenteur, sans regarder derrière lui. Il avait accompli sa tâche de justicier et, désormais, n'était personne. Mieux dit, il était l'autre. Il n'avait pas de destin sur terre et il avait tué un homme."


La Rose de Djam (série)

La Rose de Djam II :  La grotte au dragon C'est au cœur du pays yézidi que Sibylle laisse ses compagnons, pour s'enfoncer ...