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Articles

Affichage des articles du octobre, 2005

La Nausée (fin)

"Dire qu'il y a des imbéciles pour puiser des consolations dans les beaux-arts. Comme ma tante Bigeois : "Les Préludes de Chopin m'ont été d'un tel secours à la mort de ton pauvre oncle." Et les salles de concert regorgent d'humiliés, d'offensés qui, les yeux clos, cherchent à transformer leurs pâles visages en antennes réceptrices. Ils se figurent que les sons captés coulent en eux, doux et nourrissants et que leur souffrances deviennent musique, comme celles du jeune Werther; ils croient que la beauté leur est compatissante. Les cons."

La Nausée

"Si seulement je pouvais m'arrêter de penser, ça irait déjà mieux."

"C'est la demie de cinq heures qui sonne. Je me lève, ma chemise froide se colle à ma chair. Je sors. pourquoi ? Eh bien, parce que je n'ai pas de raisons pour ne pas le faire. Même si je reste, même si je me blottis en silence dans un coin, je ne m'oublierai pas. Je serai là, je pèserai sur le plancher. Je suis."

"Je ne les écoute plus : ils m'agacent. Ils vont coucher ensemble. Ils le savent. Chacun d'eux sait que l'autre le sait. Mais comme ils sont jeunes, chastes et décents, comme chacun veut conserver sa propre estime et celle de l'autre, comme l'amour est une grande chose poétique qu'il ne faut pas effaroucher, ils vont plusieurs fois la semaine dans les bals et dans les restaurants offrir le spetacle de leurs petites danses rituelles et mécaniques...

Après tout, il faut bien tuer le temps. Ils sont jeunes et bien bâtis, ils en ont encore pour une…

La Nausée

"Voilà ce qu'il faut éviter, il ne faut pas mettre de l'étrange où il n'y a rien. Je pense que c'est le danger si l'on tient un journal : on s'exagère tout, on est aux aguets, on force continuellement la vérité."

"Tout à l'heure, comme j'allais entrer dans ma chambre, je me suis arrêté net, parce que je sentais dans ma main un objet froid qui retenait mon attention par une sorte de personnalité. J'ai ouvert la main, j'ai regardé : je tenais tout simplement le loquet de la porte."

"Eux aussi, pour exister, il faut qu'ils se mettent à plusieurs."

"Je sais tout cela, mais je sais qu'il y a autre chose. Presque rien. Mais je ne peux plus expliquer ce que je vois. A personne. Voilà : je glisse tout doucement au fond de l'eau, vers la peur."

"Quand j'écrivais, sous la date, "Rien de nouveau", c'était avec une mauvaise conscience : en fait une petite histoire, qui n'est ni h…

Voix séraphique

Alfred Deller dans l'agnus dei de la Messe en si. Saisissement. Cette voix qui n'est ni de femme ni d'homme, ni d'enfant ni d'adulte, voix hors-humaine, peut-être est-ce la voix que l'on entend dans le choeur des anges. J'écoutais cet agnus dei que je connais bien, et je l'entendais d'une façon si nouvelle, la façon d'articuler, si calme, un peu lente, soutenue, pas de rajout dans le drame, les notes pures. Cette voix comme du velours suffit à tout. Et en même temps cette sobriété si intense, est de la virtuosité pure. Il y a quelque chose de "de ce que je pourrais faire dire à Bach et que j'ai choisi d'omettre en chantant", mais qui du coup est chargé de tout ce qu'il a omis. Plus que le violon, que le violoncelle, la voix est l'instrument le plus "surhumain" qui soit.

A l'ombre des jeunes filles en fleur

En attendant je me replonge dans ce volume de la Recherche. J'en raffole toujours autant. Il y a des romans que je savoure, mais de l'extérieur, comme devant un bon film qui se déroulerait sous mes yeux. Et d'autres qui m'habitent ou que j'habite. Me voilà, entre deux temps de lecture, à songer au boeuf froid de Françoise, à me demander pourquoi finalement, aurait-il été vulgaire de servir du chocolat avec du thé au goûter, et à penser aux toilettes d'Odette Swann, et à la sonate... bref, je suis dedans et je le serais tout le temps de la lecture; j'adore le monde de la Belle Epoque c'est sûr, car j'adore tous les mondes futiles et surranés voués à la catastrophe. Mais il n'y a pas que ça. Un autre roman qui me fait ça est La Montagne magique. Je me demande si je n'ai pas tout simplement le goût des atmosphères confinées, des mondes clos, protégés. Un paradoxe pour moi, mais un monde alcôve à la Proust, où je n'aurais plus qu'à écrir…

La nausée

Entendu à la radio, à propos de La Nausée, de Sartre : "Les salauds, ce sont les gens qui font les choses comme il faut."

Administration ottomane

Ou l'inefficacité moulée dans le règlement, envers et contre tout.

Hier en gare, 1er octobre, bien sûr TOUS les guichets automatiques sont HS. Un seul guichet humain (personne n'est venu en renfort, faut pas pousser) et une file de 50 personnes. Environ 35 minutes de queue, de quoi louper deux trains si on manque de bol, puisqu'il y en a toutes les demi-heures. Eh bien au lieu de laisser les portillons électroniques libres, comme les jours de grève, non, non, non, un keuf à matraque et à air mauvais patrouille sur le quai pour surveiller les "resquilleurs", c'est-à-dire pour la plupart des gens prêts à le payer leur billet, mais comment ?

Pour faire bonne mesure une escouade de contrôleurs est montée dans un train qui est parti quasi vide, la plupart des passagers faisant encore la queue à l'intérieur de la gare.

La SNCF c'est l'administration ottomane sur la fin : incapable d'assurer correctement son service, devant une crise, au lieu d'asso…