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Affichage des articles du juin, 2006

Pourquoi Ismaïl Kadaré n'a pas eu le Nobel.

Enervement hier. Un immense écrivain, jugé par des gens qui font la fine bouche en ayant toujours eu le cul au chaud. Comme si un écrivain ne devait pas avant tout vivre pour écrire ! Même Le Grand Hiver, qui fut une oeuvre "fortement conseillée" par le régime réussit l'exploit d'être un beau livre, un beau roman. Sous une dictature il faut être plus malin que le dictateur. Que savent-ils, ces couillons, de l'espionnage intime, des interrogatoires, des auto-confessions obligées, des menaces ouvertes ? Abrutis.

Le chemin pour survivre dans un régime de fer sans y perdre son âme est aussi mince que le pont du Sidre. Et il y a réussi, et en plus on a ses livres en cadeaux.

A part ça je me fous du Nobel, mais si je l'avais eu à sa place, moi, j'aurais fait comme Hemingway à Ezra Pound, je lui aurais envoyé.

Thawaf

Contre la sunna et la science du hadith, Bayazîd "opposait d'ailleurs la science ésotérique et mystique reçue du "Vivant qui ne meurt pas", à la science religieuse exotérique "reçue d'un mort qui l'a reçue d'un mort."

"J'ai fait plusieurs fois le thawaf (tour rituel) autour de la Kaaba disait Bayazîd ; mais quand je fus parvenu auprès du Seigneur, ce fut la Kaaba qui vint faire le thawaf autour de moi."

L'Empereur

Les mesures malicieuses du premier mouvement. Petite danse entonnée par les violons, puis reprise dans la douceur grave des cuivres. Après, bien sûr, avec beethoven ça tourne au poum poum triomphant. mais que j'aime chez lui ces moments éclair où le jupitérien couillu redevient le petit garçon craintif et brave et pourtant apeuré par son père, et qui fredonne pour se consoler comme on s'encourage à chanter dans le noir.
Références.






Les persécutions et la mort

"mais il y avait toujours parmi les littéralistes des gens hérissés contre toute prétention à une science réservée et ayant la phobie de toute innovation (bida'), comme si le genre de vie des Médinois et des Bédouins du VII° siècle devait servir de norme à toute l'humanité de tous les temps, comme si l'un des principaux efforts de l'intelligence musulmane, et chez les canonistes eux-mêmes (qui montrent une virtuosité parfois inquiétante), n'était justement pas de suivre le développement du germe reçu avec le Coran et la Sounna.
Dzoû'l Noûn fut donc suspect pour avoir inauguré "une science dont on n'avait pas l'habitude".

Son élève, Yoûsouf ibn Housayn al Râzî, arriva un jour tout ému : "Les gens disent que tu es zindîq. - Ils sont encore bien bons de ne pas me traiter de juif"."

Emile Dermenghem, Vie des saints musulmans, Dzoû'l Noûn.