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Articles

Affichage des articles du juillet, 2006

A la guerre, on pense à la mer

Avec la chaleur, je relis toujours des tragédies grecques. ça va bien à la chaleur, la tragédie. Comme In the Heat of the Night, on n'imagine pas que ç'eut pu être In the Coldness of the Night. Bref.

Les Sept contre Thèbes est une de mes préférées. Plus que Les Perses encore. Dans cette dernière, c'est plutôt la souffrance et l'horreur de la guerre, dont on parle. Mais il s'agit là alors de contemporains, de Grecs et de Perses civilisés. Dans Les Sept contre Thèbes, il montre l'avers, toute la beauté de la guerre, sa fureur sacrée, ce déchaînement horrible et enthousiasmant, d'autant plus librement que les héros sont bien loin dans le temps, des ancêtres glorieux et sanglants. Quiconque descend d'une brute, au bout de quelques générations, ne dira plus que de son grand-père fratricide, parricide et incestueux : "Quel gaillard !"

Le récit dans Les Sept est superbe, une langue d'images, de couleur et de fureur, on entend le métal choquer, l…

Oh ! Sémiramis !

"J'avais été, avant la séance, voir les peintures de Courbet. J'ai été étonnée de la vigueur et de la saillie de son principal tableau; mais quel tableau ! quel sujet ! La vulgarité des formes ne ferait rien; c'est la vulgarité et l'inutilité de la pensée qui sont abominables; et même, au milieu de tout cela, si cette idée, telle quelle, était claire ! Que veulent ces deux figures ? Une grosse bourgeoise, vue par le dos et toute nue sauf un lambeau de torchon négligeamment peint qui couvre le bas des fesses, sort d'une petite nappe d'eau qui ne semble pas assez profonde seulement pour un bain de pied. Elle fait un geste qui n'exprime rien, et une autre femme, que l'on suppose sa servante, est assise par terre occupée à se déchausser. On voit là des bas que l'on vient de tirer : l'un d'eux, je crois, ne l'est qu'à moitié. Il y a entre ces figures un échange de pensées qu'on ne peut comprendre. Le paysage est d'une vigueu…

Widerstehe doch der Suende

L'air de la Cantate BWV 54 : si l'on écoute que la musique, on entend une effusion tendre, une retenue souriante, un abandon confiant. Et pourtant les paroles sont : "Résiste donc au péché", rien à voir, avec l'Homme armé dans le ton, même si le message est le même... Parfois je me demande si le Cantor n'était pas un peu piétiste sur les bords...



Comparant les interprétations de Deller et d'Andrea Scholl, je sais pourquoi celles du premier sont si bouleversantes : c'est qu'il chante vraiment religieusement, en y croyant, au moins le temps de son interprétation. Quand il chante l'agnus dei, c'est lui ce souffle qui va s'arrêter dans quelques heures, quand le ciel va gémir et tonner. Andrea Scholl, par exemple dans le stabat mater de Vivaldi, a toujours sa belle voix, velouté, aisance gracieuse, mais je n'y entends pas cette émotion au premier degré, qui me fait penser aussi à Gustav Leonhardt quand il joue les Sonates de Kuhnau, et q…