dimanche 27 août 2006

Badinage, ruse et vengeance



"... échantillons d'une dernière manière, comme les tout derniers hymnes de Hölderlin ; expression d'une tension intérieure qui, comprimée exagérément pour pouvoir s'exprimer, tend sans cesse au bégaiement, au balbutiement. Ce n'est pas sans raison que l'élément fataliste, dans ces dictons, revêt un tel degré de fantastique ; ce sont les vagues écumantes d'un fleuve qui se hâte toujours plus manifestement vers une chute dont on entend au loin le sombre grondement, pour être bientôt englouti par elle ; les vagues d'un destin où vouloir et être voulu ne font qu'un et se reconnaissent déjà comme ne faisant qu'un :
...
"La seule chose qui délivre de toute souffrance -
(Allons, choisis !)
La mort rapide
Ou un long amour."
Nietzsche- Essai de mythologie ; Badinage, ruse et vengeance. Ernst Bertram.

samedi 19 août 2006

Folle sagesse


"L'état génial d'un homme est cet état d'amour et de persiflage où il se trouve en face d'un seul et même objet."
Nietzsche, Choses humaines.

samedi 5 août 2006

L'histoire est une légende mal racontée



"TOUT ce qui fut n'est que symbole. Nulle méthode historique ne parvient - comme semble si souvent le croire, dans sa naïveté, certain réalisme historique au XIX° siècle - à nous faire voir la réalité en chair et en os, "telle qu'elle fut vraiment". L'histoire, c'est-à-dire, en fin de compte, la science des âmes et la révélation des âmes, ne signifie jamais reconstruction d'un objet quelconque du passé, approximation maxima, même d'une réalité passée. Bien davantage au contraire, elle dé-réalise cette ci-devant réalité, elle la transpose dans une toute autre sorte d'existence ; elle évalue, elle ne restaure pas la réalité. L'image que crée l'historien (ou qu'il sert : car, même dans sa connaissance la plus impassible et la plus scrupuleuse, l'historien, tout en menant le jeu, est lui-même mené par quelque chose qui veut devenir image), cette image est, de tous points, une réalité d'ordre nouveau et, pour ainsi dire, supérieur ; tout s epasse comme si les faits troubles revenaient se dérouler dans une matière plus cristalline et selon des lois plus transparentes. On éprouve cette impression particulièrement nette, là où il s'agit d'histoire au sens le plus intensif, dans l'histoire des individualités qui nous sont restées visibles ou redevenues visibles. Nous ne nous rendons pas présente une vie ,passée, nous la vidons de son présent, lorsque nous la considérons historiquement. Nous ne la tirons pas de l'oubli pour la ramener à notre époque, nous la plaçons hors du temps. En cherchant à voir plus clair en elle, nous l'interprétons déjà. Ce qui subsiste d'elle, quels que soient nos efforts pour l'éclairer, la pénétrer, la revivre, ce n'est jamais la vie, mais toujours sa légende. Ce qui, sous forme d'histoire, demeure dans tout événement, est toujours en dernier lieu - prenons le mot sans le surmonter d'aucun harmonique romantique ou même romanesque - la légende."
Nietzsche- Essai de mythologie ; Introduction : légende. Ernst Bertram.

La Rose de Djam (série)

La Rose de Djam II :  La grotte au dragon C'est au cœur du pays yézidi que Sibylle laisse ses compagnons, pour s'enfoncer ...