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Articles

Affichage des articles du janvier, 2007

Henry V

Une de mes pièces préférées et avec Kenneth Branagh, qui est à y penser le seul blond dont je sois tombée amoureuse. Kenneth parfait dans la peau du Prince Hal, qui réussit à le rendre tel qu'il est tout au long de la pièce, irritant, cabotin, jeune arrogant à la fois persuadé que s'il faut être roi, ce n'est pas pour être un roi médiocre, et en même temps hanté par la peur d'échouer, de se tromper, d'être désavoué par Dieu. Tout du long, il ne cessera de guetter les signes de victoire ou d'échec et surtout de ce qui le désigne comme ayant le droit pour lui ou non.


"May I with right and conscience make this claim?" Quand il apparaît de façon spectaculaire comme sortant de la nuit, émergeant d'une lumière blanche, comme une seconde naissance après avoir tué le Prince Hal en lui (même si ce bad boy là se rappelle à son souvenir avec ses anciens compagnons) on voit en lui un jeune homme poupin, la bouche pincée et butée sur "son bon droit", l…

Michkât al-Anwâr (2)

"Le symbole dans son apparence extérieure est vrai, et sa transposition à la réalité profonde et cachée est une vérité intérieure. Ceux qui ont cette prise de conscience sont ceux qui ont atteint le degré de transparence du "Verre", dont nous verrons plus loin la signification. En effet, l'imagination, qui est la matière dont est fait le symbole, est solide et opaque, et elle masque les réalités cachées, s'interposant entre les lumières et l'homme ; mais elle peut aussi devenir aussi pure que le verre, qui par sa limpidité ne fait pas obstacle aux lumières et, bien plus, leur est une aide, les protégeant de sucroît contre les bourrasques. Sache donc que le monde inférieur et opaque de l'imagination devient, dans le cas des prophètes, comme du verre, un tabernacle pour les lumières, un filtre laissant passer les réalités secrètes, et comme un point d'appui pour s'élever jusqu'au monde supérieur ! Et maintenant qu'il est bien compris que le…

Mishkât al-Anwâr

Pour Abû Hâmid Muhammad al-Ghazalî, même si "une certaine interprétation selon le sens caché peut être exacte, le sens littéral reste toujours vrai et contraignant. Le sens intérieur ne saurait en aucun cas entrer en contradiction avec le sens littéral ni le supprimer, tout comme le monde invisible coexiste avec le sens sensible et apparent. Le sens intérieur n'est admissible que si existe entre le sens littéral et lui une correspondance symbolique naturelle ou indiquée par la Tradition." (Roger Deladrière).

Opposition avec les Ismaéliens bien sûr (entre autre) et tous ceux pour qui l'ésotérique a primauté sur l'exotérique. Une troisième voie, celui des malamatî extrêmes, pour qui les deux sens coexistent, les deux mondes coexistent, sans contradiction mais en juxtaposition. Pour certains, la correspondance existe mais "inversée", sans que l'un annihile l'autre.

"Les poitrines des hommes libres sont les tombeaux des secrets." Le Tabernac…

Stabat Mater

Merveille que ce duo entre René Jacobs et Sebastian Henning, une entente superbe entre eux, régulée, aisée. La voix du jeune soprano magnifique, velouté de gorge, toute la beauté des timbres de jeune garçon, avec la sûreté et la justesse !!! en plus. Je pense à cette compositrice qui disait que les voix de jeunes garçons ont un timbre coloré, puissant, particulier, que n'ont jamais les voix de fillettes. Et j'ajoute que n'ont pas les soprano femelles. C'est autre chose, la même différence qu'entre une flûte de bois et de métal, entre précision et chaleur tremblée. Mais là je cherche vainement la moindre fragilité dans la performance de Henning.

Les Patriotes

Film que j'ai énormément aimé et admiré, qui rappelle les contes persans sur la sagesse, l'illusion et la politique, (les Persans et les Juifs sont les deux figures emblématiques de la ruse et de la manipulation, dans l'imaginaire arabe). Mais là, cela va au delà de la ruse, puisqu'il s'agit de mentir de façon tellement absolue que c'est la vérité qui finit par avoir tort. Ainsi l'oral du concours pour le MOSSAD ressemble au dit grec "Tous les Crétois sont menteurs", ou l'énigme de la porte de la vérité et du mensonge. D'habitude, les films d'espionnage m'ennuient terriblement, soit dans l'action démesurée soit dans un bain de noirceur glaciale que menace l'ennui. Ici, il s'agit bien d'un jeu "de princes" comme on les nomme en Israël, fluide et vif, raffiné et psychologue, avec des agents qui ressemblent à une équipe d'ayyarâns persans que dirigerait un vieux vizir (Yossi) habile joueur et revenu de to…