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Articles

Affichage des articles du juin, 2008

Feuilles dans le vent

5

pour dire la vérité change tes pas et prépare-toi à devenir un incendie

7
on invente la vie par le nombre un affamé qui n'a pas de mains un autre qui est de l'écume à moitié le sable ne crée aucun chant les choses ne ressentent pas l'éternité

8
non non j'aime avoir confiance et j'ai étendu mes ailes en leur offrant l'horizon elles se sont dispersées en mille éclats

9

avec une goutte d'ennui je comble à chaque instant un lac d'espérance

11
mon histoire qui s'est enracinée dans le refus m'a dit : "tant que tu es absent au monde tu traduis sa présence."
Adonis, Mémoire du vent.

Chants pour l'amour

ANGOISSE
ténèbre sur mes horizons
ô mon angoisse
écrase ma renaissance et déchire-la
disperse-la brûle-la,
dans ses cendres peut-être
découvrirais-je une aube pure

UNITE
l'univers s'est uni à moi ses paupières se couvrent des miennes l'univers s'est uni à ma liberté de nous deux lequel des deux a créé l'autre ?

Mémoire du vent

First of all, love is a joint experience..."

"First of all, love is a joint experience between two persons - but the fact that it is a joint experience does not mean that it is a similar experience to the two people involved. There are the lover and the beloved, but these two come from different countries. Often the beloved is only a stimulus for all the stored-up love which has lain quiet within the lover for a long time hitherto. And somehow every lover knows this. he feels in his soul that his love is a solitary thing. He comes to know a new, strange loneliness and it is this knowledge which makes him suffer. So there is only one thing for the lover to do. He must house his love within himself as best he can ; he must create for himself a whole new inward world - the world intense and strange, complete in himself. Let it be added here that this lover about whom we speak need not necessary be a young man saving for a wedding ring - this lover can be man, woman, child, or indeed any human crature on this earth.


Now, the bel…

Taguns, taguons il en restera toujurs quelque chose

Puisque l'on doit taguer, taguons, mais sur de la poésie très peu ponctuée, pas simple d'identifier les "phrases".



"Tout est neuf sur terre, l'alphabet
Est flamme"

(On va dire que c'est la 5°)

Suit :

"Et la folie
Voyage entre lui et moi
Horizon
Qui énonce les frontières secrètes
Et notre nom est Un

J'ai plongé mes racines dans un arbre immortel"

Mémoire du vent

Quant à en taguer d'autres, impossible, je n'ai que deux maillons à ma chaîne, de l'utilité d'être misanthrope...

Miss Amelia's liquor

"The whisky they drank that evening (two big bottles of it) is important. Otherwise, it would be hard to account for what followed. Perhaps without it there would never have been a café. For the liquor of Miss Amelia has a special quality of its own. It is clean and sharp on the tongue, but once down a man it glows inside him for a long time afterward. And that is not all. It is known that if a message is written with lemon juice on a clean sheet paper there will be no sign of it. But if the paper is held for a moment to the fire then the letters turn brown and the meaning becomes clear. Imagine that the whisky is the fire and that the message is that which is known only in the soul of a man - then the worth of Miss Amelia's liquor can be understood. Things that have gone unnoticed, thoughts that have been harbored far back in the dark mind, are suddenly recognized and comprehended. A spinner who has thought only of a loom, the dinner pail, the bed, and then the loom again - …

I had my vision

'Three men were drowned where we are now', said the old man. He had seen them clinging to the mast himself. And Mr Ramsay taking a look at the spot was about, James and Cam were afraid, to burst out :

But I beneath a rougher sea,
and if he did, they could not bear it ; they would shriek aloud ; they could not endure another explosion of the passion that boiled in him ; but to their surprise all he said was 'Ah' as if he thought to himself, But why make a fuss about that ? Naturally men are drowned in a storm, but it is a perfectly straightforward affair, and the depths of the sea (he sprinkled the crumbs from his sandwich paper over them) are only water after all. Then having lighted his pipe he tok out his watch. He looked at it attentively ; he made, perhaps, some mathematical calculation. At last he said, triumphantly :

'Well done !' James has steered them like a born sailor. '

There ! Cam thought, addressing herself silently to James. You've got it, at…

L'attirance innée pour ce qui est beau

"Yûsuf ibn Al-Husayn a rapporté ces paroles de Dhû-l-Nûn l'Egyptien : "J'ai entendu mon maître (ustadhî) dire ceci : "Quand l'état spirituel de celui qui aime Dieu (al-muhibb) est parvenu à son accomplissement, les choses (ou "certaines choses") deviennent grossières pour lui. Il ne peut plus fréquenter quelqu'un de grossier, ni absorber de nourriture grossière et qui ne lui est pas agréable, ni porter autre chose que des vêtements au tissu moelleux, et (ceci étant) aucun dommage ne saurait résulter pour lui de quoi que ce soit qu'il pourrait avoir de ce bas monde, car au niveau qu'il a atteint tout amoindrissement de son état spirituel n'est plus possible."

Parfois le voyage du gnostique l'entraîne si loin qu'il lui est difficile de réatterrir sur le rêche de la vie. Qutb al-Dîn Shahrazûrî recommandait ainsi au murîd désireux de connaître l'extase d'un semâ de faire retraite 40 jours, avec diminution progressive…

"mon coeur ne dévoile pas son amour à mon corps"

Passage curieux sur la séparation du corps et de l'esprit, non point cette fois dans le classique conflit des ascètes, mais sur l'indifférence de l'un pour l'autre, au sens où il lui tait son secret et ne prend pas la peine de se soucier de l'apaprence. Comble des bonnes manières de l'amant (adab), taire son coeur à sa chair, ou l'absolu du Secret : "Ahmad ibn 'Alî al-Qurachî al-Qazwinî (transmetteur non identifié) a rapporté ce récit qu'il avait entendu de la bouche de Dhû-l-Nûn : "Mon père m'avait raconté, au sujet d'un de ces êtres qui sont constamment plongé dans l'affliction, une chose qui l'avait rempli d'étonnement. Or, au cours d'un de mes déplacements, j'eus moi-même la surprise de me trouver en présence d'un jeune homme, au visage agréable, au teint frais, au corps replet, mais chez qui l'on décelait l'affliction sincère qu'il y avait au fond de lui et le chagrin qui l'envahissait in…

Le dormeur et la caravane

Dhû-l-Nûn était un ascète dévoré de scrupules, un vrai zahîd, dans la lignée de Rabi'a. Le genre à ne pas manger de melon, comme Ibn Hanbal, car ignorant si le Prophète en aurait mangé (et là-dessus approuvé par Ibn Arabî, un autre tourmenté du genre).
"Al-Walîd ibn 'Utba al-Dimachqî avait écrit à Dhû-l-Nûn pour s'informer de son état, et voici sa réponse : "Tu m'as écrit pour t'enquérir de mes nouvelles ; que pourrais-je donc t'apprendre à mon sujet, sinon que je suis en proie à toutes sortes de choses qui me font souffrir. Il y en a quatre qui me font pleurer : mes yeux aiment regarder, ma langue aime les propos frivoles, mon coeur aime que je sois à la tête des autres, et je réponds aux invites d'Iblîs, l'Ennemi de Dieu, pour tout ce qui peut déplaire à Dieu. Il y en a quatre qui me remplissent d'inquiétude : un oeil qui ne verse pas une larme sur les péchés infects, un coeur qui ne se soumet pas quand il est édifié, un esprit dont l'…

De l'amour (mahabba)

"L'amour fait parler, la pudeur rend silencieux, et la crainte jette dans l'inquiétude. Celui qui aime se perd entre les trois."


La vie merveilleuse de Dhû-l-Nûn l'Egyptien / Ibn'Arabî \; trad. de l'arabe, présenté et annoté par Roger Deladrière

Portrait du père

Ou le portrait du mauvais homme qui ira en enfer, parce qu'il est fier de toujours dire la vérité, comme le fustigeait Jankélévitch, dans son éloge du mensonge :


'But', said his father, stopping in front of the drawing-room window, 'it won't be fine."
Had there been an axe handy, a poker, or any weapon that would have gashed a hole in his father's breast and killed him, there and then, James would have seized it. Such were the extremes of emotion that Mr Ramsay excited in his children's breats by his mere presence ; standing, as now, lean as a knife, narrow as the blade of one, grinning sarcastically, not onloy with the pleasure of disillusioning his son and casting ridicule upon his wife, who was ten thousand times better in every way than he was (James thought), but also with some secret conceit at his own accuracy judgement. What he said was true. It was always true. He was incapable of untruth ; never tampered with a fact ; never altered a disagreeab…

To the Lighthouse

J'avais commencé de relire Femmes, de Sollers. Après quelques pages, lassitude, feuilletage sans conviction, je laisse tomber. Je me souviens que cela m'amusait, avant, son monde frénétique d'hystériques. Maintenant, j'en baille. J'ai pris, à côté, To the Lighthouse, de Woolf : 'Yes, of course, if it's fine tomorrow, ' said Mrs Ramsay. 'But you'll have to be up with the lark', she added.

A la fin du volume, il y a la liste de quelques Penguin. Je regarde ceux que je n'ai pas. Je commande The Ballad of the sad café.

De la dure vie de murîd

"Abû 'Abd Allâh ibn al-Jallâ a raconté ceci : "je faisais un séjour pieux à La mecque en compagnie de Dhû-l-Nûn ; cela faisait plusieurs jours que nous avions faim, et l'on ne nous avait rien offert. Un jour, avant la prière de midi, Dhû-l-Nûn se leva pour se rendre sur la montagne et y faire ses ablutions ; je me tenais derrière lui, quand j'aperçus des peaux de banane qu'on avait jetées sur la route. Je me dis en moi-même : "Je vais en prendre une ou deux poignées, que je mettrais dans mes manches sans que le cheikh me voie, et quand nous serons sur la montagne et que le cheikh fera ses ablutions, je les mangerai." Je m'en emparai donc et les plaçai dans mes manches, en prenant garde que le cheikh ne me vît point. Lorsque nous fûmes sur la montagne et à l'écart des gens, il se tourna vers moi et me dit : "Jette tout ce que tu as dans tes manches !" Je m'exécutai, rempli de confusion.
Après avoir fait nos ablutions, nous retour…

Dhû-l-Nûn le rusé

Dhû-l-Nûn était rusé, nous l'avons vu, même (et surtout ?) avec Dieu. Une des prières qu'il a composées pour L'incliner au pardon use d'un argument assez drôle : "Pardonne, histoire de faire enrager le diable !"
"Mon Dieu ! Satan est Ton ennemi et il est aussi le nôtre, et c'est en nous pardonnant que Tu exciteras sa rage par ce qui le blesse le plus, pardonne-nous donc !"

Sinon, pointe vacharde d'Ibn Arabî contre les fuqaha (ces juristes en droit canon) si souvent ennemis des soufis et des malamatî et avec qui Dhû-l-Nûn et lui-même eurent maille à partir. A l'enterrement de Dhû-l-Nûn, signe peut-être, de la faveur de Khidr en plus de celle d'Allah, une volière verdoyante l'escorte, ce que tous les soufis et ascètes voient :

Muhammad ibn Zabbân : "Lorsque mourut Dhû-l-Nûn, je vis au-dessus de la civière qui transportait son corps des oiseaux verts qui étaient pour moi une "chose" totalement inconnue."
Ibn Khamîs :…

Les Quarante et le Pôle du monde

"Abdâl (sing. badal) est le nom qui est généralement donné aux saints inconnus, dont la présence est nécessaire pour le maintien de la vie sur la terre. Ils constituent une hiérarchie cachée et permanente, ayant à sa tête "le Pôle" (al-Qutb), et dont chaque membre est immédiatement remplacé à sa mort (cf. M. Chodkiewicz, Le Sceau des Saints, pp. 116-127). Le mot est d'origine traditionnelle, et l'on trouvera dans le Kanz al-'ummâl d'al-Muttaqî (V, pp. 332-334) 20 hadîths le mentionnant, et selon lesquels le nombre des abdâl est de 30 ou 40. Avec Ibn 'Arabî les données concernant les membres de la hiérarchie cachée des saints, leur nombre, leurs fonctions, se préciseront. Chez un auteur comme Abû Tâlib Makkî (mort en 996), l'emploi du mot abdâl reste encore incertain et fluctuant ; il est mentionné en 18 passages différents du Qût al-qulûb, avec des significations diverses : il y a des abdâl des justes (siddîqûn), des prophètes (anbiyâ'), des …

Malâmatiyya

"Pour 'Attâr (texte persan de la Tadhkirah, p. 114), Dhûl-Nûn était le chef de file des "hommes du blâme" (alh al-malâma), et, presque deux siècles avant lui, Hujwirî (Kashf al-mahjûb, p. 100) avait dit : "Il a marché sur le sentier de l'affliction et il a voyagé sur la route du blâme." Par ailleurs, il convient de noter que le nom de Dhû-l-Nûn ne figure pas dans les "chaînes initiatiques" (asnâd, salâsil, cf. Junayd, Enseignement spirituel) des soufis. Cette question de l'appartenance de Dhû-l-Nûn au groupe des Malâmatiyya ou Malâmiyya est difficile à trancher, car les critères diffèrent, selon que l'on considère la réalité historique d'un mouvement né au Khurâsân et lié à celui de la futuwwa (sous sa forme initiale, non encore corporative), ou qu'on se base sur les caractéristiques énoncées par Sulamî dans son Epître des Malâmatiyya (publiée avec une excellente introduction par 'Afîfî), ou encore que l'on s'appui…

Futuwwa

Comme l'intelligence et la ruse, les vertus de la futuwwa ou djavanmardî sont vues comme des qualités plus naturellement féminines, soit la sincérité, le désintéressement et le courage extrême ; ainsi le murshid de Dhûl-l-Nûn en Djavanmardî, fut une femme du Khorasan :
"La source des informations concernant Fâtima de Nîshâpur comme maître de Dhul-l-Nûn se trouve chez Sulamî, et elles ont été recueillies par Ibn al-Jawzî puis par Ibn 'Arabî. Le texte de Sulamî fait état de la grande admiration qu'avaient pour elle Dhû-l-Nûn et Abû Yazîd al-Bistamî ; il précise que c'est à La Mekke que Dhû-l-Nûn l'a connue et qu'elle est devenue son maître, il cite un certain nombre d'instructions spirituelles que Dhû-l-Nûn avait reçues d'elle, il mentionne qu'ils se sont trouvés à nouveau réusnis à Jérusalem, et il indique la date de sa mort à La Mekke en 223/838. Il nous est possible d'apporter quelques précisions supplémentaires, grâce aux recoupements que …

Conséquences et enseignement des invasions

"Quand les deux partis sont égaux par le nombre et par la force, le plus habitué à la vie nomade remporte la victoire." L'observation est de l'historien arabe Ibn Khaldoun. Elle a eu dans l'ancien monde une portée presque universelle : du moins jsuqu'au jour où les sédentaires purent appeler à leur secours les ressources d'une organisation politique perfectionnée et d'un armement vraiment scientifique. C'est que le nomade est un "soldat-né", toujours prêt à partir en campagne avec ses moyens ordinaires, son cheval, son équipement, ses provisions ; qu'il est servi aussi par un instinct stratégique de l'espace, fort étranger généralement aux sédentaires." "Quelque riche en enseignement que soit l'étude des dernières invasions, il ne faudrait pas cependant laisser ses leçons nous masquer un fait plus considérable encore : l'arrêt des invasions elles-mêmes. Jusque-là ces ravages par des hordes venues du dehors et ces…

Z: Zuy

ZUY
Prospère royaume d'elfes, aux Pays-Bas. C'est probablement le mieux organisé et le plus riche des royaumes d'elfes en Europe. Il a noué d'importantes relations commerciales avec les Indes orientales, important des épices, des mousselines et des peaux de léopards, exportant des boîtes à musique, des marrons glacés, de l'amidon, des suppositoires et des icônes. Ce mercantilisme est très mal vu des autres royaumes d'elfes. Sylvia Townsend Warner, Kingdoms of Elfin, Londres, 1972.

Y: Yspaddadenpenkawr

YSPADDADENPENKAWR Château perdu sur une vaste plaine, quelque part au pays de Galles. Pour des raisons que l'on ignore, plus le voyageur s'en rapproche, plus le château semble s'éloigner. On accède à la salle principale - si on atteint jamais l'édifice - par l'une des neuf portes, qui sont toutes gardées par une sentinelle et un chien. Anonyme, Mabinogion, XIII° siècle.Dictionnaire des lieux imaginaires, Alberto Manguel

X: Xanadu

XANADURoyaume sur la côte africaine, où Kubla Khan cosntruisit le pavillon des Plaisirs dont la coupole a été décrite comme un chef d'oeuvre d'ingéniosité. Un voyageur de Porloch en empêcha l'achèvement.Près de là, dans une vieille forêt, lieu enchanté et sauvage où se font entendre les plaintes amoureuses des femmes pour leurs amants-démons, une puissante fontaine jaillit violemment d'un gouffre ; elle n'est autre que la source de l'Alph, rivière sacrée.Samuel Taylor Coleridge, Kubla Khan, a Vision in a Dream, Londres, 1816.

Dictionnaire des lieux imaginaires

W: Weng

WENG Lugubre village perdu dans les montagnes d'Australie. Il est desservi par une garde située à cinq kilomètres de là au pied des montagnes, dans une vallée industrielle. Les voyageurs sont accueillis par le hurlement à la mort des chiens et un triste paysage à demi oblitéré, curieusement plus attirant que les plus beaux paysage du monde. La fascination exercée par ce lieu est telle qu'il peut rendre un homme fou. Il est conseillé aux voyageurs de se distraire en courant le guilledou, en priant ou en s'enivrant. Weng est habité par une race de nains à peu près simples d'esprit, qui ne dépassent pas un mètre quarante, sont constamment ivres et et ont des voix haut perchées, comme celles des enfants. Leur regard de hiboux surprend les voyageurs. Thomas Bernhard, Frost, Francfort, 1963.


Dictionnaire des lieux imaginaires, Alberto Manguel.

V: Vagues mugissantes

VAGUES MUGISSANTES, lac des Dans le pays des Rutabagas. Ses rives sont bordées de plages de sable blanc et les pins descendent doucement jusqu'au bord de l'eau. Au-dessus du lac, les habitants de la brume dessinent des figures dans le ciel, parfois en gris, bleu et or, souvent en argent. A l'aube, on aperçoit les formes d'étranges animaux déambulant dans le ciel. Ces silhouettes remontent au temps où les Créateurs du monde expérimentaient les formes des animaux qu'ils destinaient au peuplement de la terre. Leur premier essai fut le cheval d'ombre, avec sa bouche ouverte, ses oreilles couchées et ses pattes recourbées comme un croissant de lune. L'essai n'étant pas concluant, le cheval fut écarté. Il y en a bien d'autres relégués dans le ciel de l'aube : les éléphants sans tête, à six pattes, les vaches avec des cornes devant et derrière; On aperçoit aussi des esquisses ratées d'hommes et de femmes dans les cieux qui couronnent le lac des Vagu…

U: Uranopolis

URANOPOLIS

Cité dans la péninsule d'Acantos en Chalcidique, presqu'île de la Macédoine. Elle fut fondée par Alexandre, frère de Cassandre, roi de Macédoine. Il avait l'habitude, pour exprimer des choses triviales et quotidiennes, d'user de circonvolutions complexes : le coq devenait "le crieur de l'aube", le barbier "le tueur de barbe", la drachme "la pièce d'argent", le litre "la nourrice de tous les jours", le héraut "le fort parleur". Il lui arriva d'envoyer aux autorités de Cassandrie un mesage si étrange que même la pythie de Delphes ne put en deviner le sens. Uranopolis signifie "cité du Ciel". Pline l'Ancien, Naturalis Historia, Ier siècle apr. J.-C. Athénée, Le Banquet des sophistes, III° siècle apr. J.-C.
Dictionnaire des lieux imaginaires, Alberto Manguel.