jeudi 29 octobre 2009

Le Sheikh Ahmad Gurpanî



Encore un sheikh bien rude et bien couillu comme je les aime, malamatî à fond, le Sheikh Ahmad -î Gurpanî, maître kubrawî de Nûruddîn Abdurrahman Isfarâyinî, que son murîd considérait comme étant le pôle de son temps (mais quel murîd digne de son état ne pense pas que son murshid est le plus grand de son temps ?).

Un jour le Shaykh Sa'duddîn se serait rendu à Gûrpân pour voir le Shaykh Ahmad, en faisant savoir qu'ayant été averti par voie d'inspiration du fait que le Shaykh 'Alî-i Lâlâ avait écrit un ijâzat-nâma pour Ahmad, il était prêt lui aussi à écrire pour lui un tel diplôme. Or, le Shaykh Ahmad ne serait même pas sortir de sa retraite pour accueillir le Shaykh Sa'duddîn; il se serait contenté de faire remarquer qu'il ne pourrait point adorer Dieu au moyen d'un diplôme !

Ce caractère assez peu conciliant de Gûrpanî, voire une certaine rudesse, est également mis en lumière par Isfarâyanî qui nous décrit ses premiers contacts avec ce maître "analphabète et qui balbutiait" : il fallait justement l'intervention de Pûr-i Hasan pour qu'il comprit sa dignité de maître initié, caché derrière "l'apparence extérieure". C'est également ce qui ressort d'une autre anecdote rapporté par Simnanî : Ayant remarqué que certain disciple s'engageait dans une forme de contemplation, Gûrpanî ôta son soulier pour lui donner plusieurs coups solides sur la nuque – car, d'expliquer le maître, la contemplation n'est permise qu'à celui qui ne songe pas à l'homme lui apportant le repas quand il entend des pas après un jeûne de sept jour !"

Le Révélateur des mystères, Nûruddin Abdurrahman Isfarâyinî ; trad. et étude préliminaire Hermann Landolt.


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Dans la vie on prend toujours le mauvais chemin au bon moment. Dany Laferrière.