lundi 29 octobre 2012

Huckleberry Finn



Huckleberry Finn was cordially hated and dreaded by all the mothers of the town, because he was idle and lawless and vulgar and bad – and because all their children admired him so, and delighted in his forbidden society, and wished they dared to be like him. Tom was like the rest of the respectable boys, in that he envied Huckleberry his gaudy outcast condition, and was under strict orders not to play with him. So he played with him every time he got a chance. Huckleberry was always dressed in the cast-off clothes of full-grown men, and they were in perennial bloom and fluttering with rags. His hat was a vast ruin with a wide crescent lopped out of its brim; his coat, when he wore one, hung nearly to his heels and had the rearward buttons far down the back; but one suspender supporter his trousers; the seat of the trousers bagged low and contained nothing, the fringed legs dragged in the dirt when not rolled up. Huckleberry came and went, at his own free will. He slept on doorsteps in fine weather and in empty hogsheads in wet; he did not have to go to school or to church, or call any being master or obey anybody; he could go fishing or swimming when and where he chose, and stay as long as it suited him; nobody forbade him to fight; he could sit up as late as he pleased; he was always the first boy that went barefoot in the spring and the last to resume leather in the fall; he never had to wash, nor put on clean clothes; he could swear wonderfully. In a word, everything that goes to make life precious that boy had. So thought every harassed, hampered, respectable boy in St. Petersburg.

Aria



My grandmother liked to tell this story.
"The evening you were born, I looked out at the sky over Shangai. The setting sun was breaking through the clouds. I had never seen such a beautiful sunset. I remember thinking that your life would be a resplendent tapestry, just like that palette of reds. I was sure of it."

This book is made up of thirty chapters – like the thirty variations in Bach's masterwork, the Goldberg Variations. Thirty chapters plus an opening and closing aria, bringing the world full circle like time's continuum – like the wheel of life. 
I am often asked how a Chinese woman, brought up in such a distant cultural milieu, can play Bach. My hope is that after having read this book, the reader will understand and above all, have the desire to listen, or relisten, to Bach. I also hope that he or she will have the desire to read or reread Laozi, the great Chinese philosopher. 
For these two sages are very much alike, and their two cultures – Chinese and Western – are not so dissimilar.


dimanche 28 octobre 2012

Ich glaube, lieber Herr, hilf meinem Unglauben!




*

Si Cormac McCarthy avait enlevé tous les 'it's Okay' des dialogues dans 'The Road', je suis sûre que le bouquin aurait fondu de moitié. À part ça, c'est long, gris, monotone et je me demande s'il n'aurait pas mieux valu en faire une nouvelle. Disons que son succès m'étonne.


lundi 22 octobre 2012

On s'en fout

Pour Karl Lagerfeld, François Hollande n'est pas un imbécile.

L'éternité, jamais trop longue



Et je ne demandais rien de plus à Dieu, s'il existe un paradis, que d'y pouvoir frapper contre cette cloison les trois petits coups que ma grand'mère reconnaîtrait entre mille, et auxquels elle répondrait par ces autres coups qui voulaient dire: «Ne t'agite pas, petite souris, je comprends que tu es impatient, mais je vais venir», et qu'il me laissât rester avec elle toute l'éternité, qui ne serait pas trop longue pour nous deux.”

Un Air de famille


Très bien. Je m'aperçois que les films fondés sur un scénario de théâtre ne m'ennuient jamais, de même le théâtre, en fait.  Ou que le rythme est tout de suite et forcément plus soutenu, plus enlevé, à l'opposé de l'ennui qui me gagne souvent devant les longueurs d'un film. Sans doute parce que c'est de la littérature et que le rythme se soumet aux répliques, aux mots et non aux images.

Du coup, cela m'a donné envie d'entendre Caruso. 

dimanche 21 octobre 2012

On s'en fout

Dieudonné a vendu ses immeubles.

une femme capable d'être allée à Bayreuth peut faire les cent dix-neuf coups



Les femmes complètement nulles étaient attirées vers Odette par une raison contraire; apprenant qu'elle allait au concert Colonne et se déclarait wagnérienne, elles en concluaient que ce devait être une «farceuse», et elles étaient fort allumées par l'idée de la connaître. Mais peu assurées dans leur propre situation, elles craignaient de se compromettre en public en ayant l'air liées avec Odette, et, si dans un concert de charité elles apercevaient Mme Swann, elles détournaient la tête, jugeant impossible de saluer, sous les yeux de Mme de Rochechouart, une femme qui était bien capable d'être allée à Bayreuth—ce qui voulait dire faire les cent dix-neuf coups.

Ach, ich sehe, itzt, das ich zur Hochzeit gehe





samedi 20 octobre 2012

mardi 16 octobre 2012

On s'en fout

Mallaury Nataf n'est pas allée voir son fils.

Four Brothers : intelligence, friendship, strength and poetry




Ketut went on to explain that the Balinese believe that we are each accompanied at birth by four invisible brothers, who come into the world with us and protect us throughout our lives. When the child is in the womb, her four siblings are even there with her – they are represented by the placenta, the umbilical cord and the yellow waxy substance that protects an unborn baby's skin. When the baby is born, the parents collect as much of these extraneous birthing materials as possible, placing them in a coconut shell, and burying it by the front door of the family's house. According to the Balinese, this buried coconut is the holy resting place of the four unborn brothers, and that spot is tended to forever, like a shrine.
The child is taught from earliest consciousness that she has these four brothers with her in the world wherever she goes, and that they will always look after her. The brothers inhabit the four virtues a person needs in order to be safe and happy in life : intelligence, friendship, strength and (I love this one) poetry. The brothers can be called upon in any critical situation for rescue and assistance. When you die, your four spirit brothers collect your soul and bring you to heaven.

J'avais déjà fait cette remarque que les Occidentaux avec leur 'une seule âme dans un corps' se trouvaient bien amoindris si l'on compare avec les trois âmes des musulmans (comme les anciens Grecs) : celle du corps et de ses émotions, passions, besoins, celle de l'intellect et celle du divin, des intuitions, des prophéties et des songes (nafs, 'aql, ruh). 

Les Balinais l'emportent, eux, sur nous et nos Anges-Gardiens si esseulés dans leur lourde tâche (surtout en charge d'une âme unique, ça doit manquer de variété), puisqu'ils en ont quatre. 

jeudi 11 octobre 2012

Mo Yan : La Dure Loi du karma



Mo Yan prix Nobel de littérature : C'est le moment de ressortir les vieux papiers…





"Je suis innocent !" Ainsi clame Ximen le Trublion au Roi des Enfers, après deux ans de supplices bien chinois qui font penser à la recette des beignets frits ou d'un menu vapeur. Innocent quand on le fusilla, en tant que propriétaire terrien, innocent dans l'autre monde, où il n'a rien à se reprocher ! Et alors ? répond le Roi des Enfers en riant,

"on le sait que tu es innocent. Sur terre, ils sont nombreux ceux qui mériteraient la mort mais qui ne meurent pas pour autant, alors que tout aussi nombreux sont ceux qui ne devraient pas mourir mais qui meurent pourtant. Il s'agit d'une réalité sur laquelle notre tribunal n'a aucune prise. Pour l'heure nous allons faire une exception en ta faveur et te rendre la vie."


Et c'est ainsi que Ximen Nao, propriétaire terrien du village de Ximen, marié, deux concubines, deux enfants, reviendra sur terre successivement dans la peau d'un âne, d'un bœuf, d'un porc, d'un chien, d'un singe, sans que les motifs de ces réincarnations successives en soient d'abord bien clairs, l'administration des Enfers semblant souffrir de quelque laisser-aller dans le suivi des dossiers...

Cela pourrait donner un conte semblable à L'Âne d'or qui est le récit d'un homme se mouvant dans une peau d'âne. Ici, Mo Yan a joué très subtilement de plusieurs registres : l'unité de l'Être Ximen Nao qui fut tour à tour homme, âne, bœuf, porc, chien, singe et finalement de nouveau humain et qui, ayant choisi dès le début de garder ses mémoires passées (ou, plus tard, l'administration infernale oublie de les lui enlever), atterrit dans son ancienne famille, voit ses concubines remariées, ses enfants adoptés, son épouse brimée, commence par en souffrir et puis, au fur et à mesure que les années passent et que les réincarnations se succèdent, les souvenirs s'estompent ou se mélangent : ainsi Lan Lian est d'abord le jeune domestique recueilli qui épouse sa concubine et adopte ses propres enfants, mais c'est aussi le maître affectueux de l'âne et du bœuf qu'il a été, et puis une figure distante, quand il est porc reproducteur d'élite chez son propre fils, Ximen Jinlong, le même qui le tua cruellement quand il était bœuf ; il sort presque de la vie de Ximen porc et revient en grand-père de son jeune maître, alors qu'il est Ximen chien. Ce même Ximen Chien se réjouit de revoir ses frères canins de la même portée, avant de se retrouver devant "sa fille", celle qu'il a eu du temps de Ximen homme. Et c'est ainsi qu'il se fait cette réflexion :

Après quatre réincarnations, les souvenirs du temps où j'étais Ximen Nao, même s'ils ne sont pas encore effacés, ont été refoulés tout au fond de ma mémoire par quantité d'événements qui se sont produits depuis. Je crains qu'à tourner et retourner ce lointain passé, la confusion ne s'installe dans mon cerveau et que tout cela n'aboutisse à de la schizophrénie. Les affaires du monde forment un livre que l'on tourne page après page. Si l'on veut voir plus avant, il ne faut pas trop feuilleter les vieux livres d'histoire ; nous autres chiens devons aussi avancer avec notre temps, faire face à la vie réelle. Dans les pages de l'Histoire passée, j'étais son père et elle était ma fille, mais dans la vie présente je ne peux être qu'un chien tandis qu'elle est la maîtresse de mon frère et la sœur cadette utérine de mon maître.

Il en va de même de la Chine, de tous les siens, de tout le village qu'il voit passer par toutes les phases successives de la République populaire, entre campagnes contre-révolutionnaires, campagne des Cent fleurs, Grand Bond en avant, Révolution culturelle, jusqu'à la mort de Mao et le retour à un semi-libéralisme. Quel lien y a-t-il entre le Ximen Jinlong, adolescent fanatique de la Révolution culturelle et Ximen Jimong, devenu l'homme le plus riche du village ? Ou le Lan Lian paysan rebelle rétif à la collectivisation, ostracisé par tous, et puis réhabilité quand la propriété individuelle fut de nouveau encouragée ? Comme le dit Jinlong à son demi-frère Lan Jiefang, au temps de Ximen Chien, et se rappelant le temps de Ximen Bœuf :

"Tu te rappelles quand nous menions paître les bœufs sur les grèves ? À cette époque-là, pour te forcer à entrer dans la commune populaire, je te frappais une fois par jour. Qui aurait pensé qu'une vingtaine d'années après la commune populaire s'effondrerait comme un château de sable ? Même en rêve nous n'aurions pu imaginer une chose pareille, que tu deviendrais vice-chef de district et moi président du conseil d'administration, tant de choses sacro-saintes qui à l'époque méritaient qu'on se sacrifie pour elles aujourd'hui ne valent plus tripette."

Cela pourrait ressembler à L'Âne d'or, si Mo Yan n'avait pas évité le piège, ennuyeux sur plus de 700 pages, d'un animal humain, trop humain, qui n'aurait de bestial que son enveloppe charnelle. Bien au contraire, si la personnalité et les souvenirs de Ximen Nao persistent plus ou moins longuement, comme une odeur d'abord puissante puis de plus en plus affaiblie sur un vêtement anciennement porté, s'y rajoutent les émois, les passions, les joies et les souffrances de tous les Ximen animaux qu'il revêt successivement, et d'abord l'amour. Dès le début de ses aventures, alors qu'il est un âne, Ximen Nao, qui a cependant encore tout frais en sa mémoire les attaches conjugales avec son épouse et ses concubines, a soudain la révélation que le bonheur, le plus grand plaisir de toute une vie, ça ne peut être que l'amour d'une ânesse, et de pas n'importe laquelle, mais l'amour de l'ânesse Han Huahua :

Nos âmes semblent sublimées par cet amour bouleversant, elles sont d'une beauté sans pareille. De nos bouches respectives nous lissons nos crinières emmêlées et nos queues souillées de vase, dans ses yeux je lis une tendresse infinie. La race humaine a une haute opinion d'elle-même, s'imaginant être la plus capable de comprendre le sentiment amoureux, en fait c'est l'ânesse qui est l'animal le plus passionné, je désigne par là bien sûr mon ânesse, l'ânesse Han, l'ânesse de Han Huahua. Debout au milieu de la rivière, nous buvons un peu d'eau claire,npuis nous marchons jusqu'à la grève pour manger les roseaux, jaunis déjà, mais qui ne sont pas complètement vidés de leur sève, ainsi que des baies au suc violet. Par moment, des oiseaux effrayés s'envolent, de rares serpents, énormes, se faufilent hors des touffes d'herbe.Trop occupés à chercher un endroit où hiberner, ils ne s'intéressent pas à nous. Après avoir bavardé un peu pour faire mieux connaissance, nous nous trouvons l'un l'autre un nom pour l'intimité. Elle m'appellera Naonao et elle, je l'appellerai Huahua.


De même quand, indignement parachuté dans la peau d'un porcelet nouveau-né – malveillance ou erreur administrative ? – alors qu'on lui avait promis une renaissance humaine des plus flatteuses, Ximen Cochon fait d'abord la grève de la faim. Après avoir eu une vie de bœuf des plus tragiques mais des plus nobles, mieux vaut en finir tout de suite. Mais voilà, si l'âne suit son sexe, le porcelet est tout dévolu à son estomac :

Elle vise ma bouche, tire sur la mamelle et presse doucement dessus à plusieurs reprises, un liquide chaud jaillit jusque sur mes lèvres, je ne peux m'empêcher plusieurs fois de passer ma langue dessus, oh là là ! Dieu du ciel je n'aurais jamais pensé que le lait de truie, le lait de ma maman truie, était en fin de compte si succulent, si parfumé, il glisse en vous comme du velours, comme de l'amour. En un instant j'en oublie toute honte, en un instant mes impressions sur le contexte ambiant s'en trouvent modifiées, en un instant j'ai le sentiment que la vieille maman truie, couchée sur la paille, occupés à nous allaiter, nous, la ribambelle de frères et sœurs, est sublime, sainte, majestueuse, belle. Je m'empare sans plus attendre de cette mamelle, j'en aurais presque mordu en même temos le doigt de Huzhu. Alors des gorgées de lait humectent ma gorge, pénètrent dans mon estomac, mes intestins, alors je sens que mes forces en même temps que mon amour pour ma mère la truie grandissent à chaque minute, à chaque seconde, alors j'entends Jinlong et Huzhu battre des mains joyeusement et rire, grâce à ma vision périphérique je vois leurs visages jeunes s'épanouir comme des amarantes, je vois leurs mains se prendre, et même si des fragments de souvenirs de mon histoire passent dans mon cerveau comme des éclairs ou des étincelles, à ce moment-là je veux tout oublier, je ferme les yeux, jouissant du plaisir du bébé cochon qui tète.


Autres variations qui empêchent toutes redites, toutes monotonies dans les aléas successifs des réincarnations, le caractère initial de Ximen Nao subit les modifications propres aux qualités et aux défauts moraux que l'on peut prêter à son espèce : Âne fougueux, batailleur et sentimental, bœuf stoïque jusqu'au martyre, bon et placide, porc égoïste, fier et courageux, chien dévoué et intelligent, singe au masque de colère inquiétant mais par qui la libération arrive...

Mais il y a un autre narrateur au dernier quart de l'histoire, un "je" qui double le récit de Ximen Naoe, et il y a aussi le risible Mo Yan, le "petit drôle" du village, laid comme un pou et bavard comme une pie, l'écrivain qui en rajoutera des tonnes en s'inspirant des mêmes épisodes de l'histoire du village Ximen et de toutes ses familles, mais dans un registre nettement moins sobre et plus romantique que celui de Ximen Nao, il faut le dire ; et pour finir, il y a Lan Quinsui, qui racontera toute l'histoire, le bébé "Grosse Tête" par qui tout commence et finit, le 1er janvier 1950 ...

(initialement écrit le 15/12/2009 pour Babelio)

livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.com

lundi 8 octobre 2012

38 témoins


Un très bon film, captivant, mais qui est présenté comme une fable morale sur la lâcheté, alors que je trouve que c'est le contraire, il aurait pu s'appeler La Conquête du courage, comme le titre français de The Red Badge of Courage. Car c'est l'histoire d'un homme qui, comme tous les autres, surpris par l'effroi de l'inimaginable violence, n'a pas su réagir rationnellement. Mais qui, à la différence des autres, s'est repris ensuite et a décidé de jouer le bouc émissaire, la balance, l'homme qui s'attache lui-même au piloris pour assumer et exposer sa faute qui est celle de tous les autres : ecce homo. On n'est pas lâche d'avoir eu impulsivement peur, dans un premier geste de recul ou de fuite. On ne l'est même pas quand on ment à l'autorité, par peur enfantine, 'je ne serai plus digne d'amour si je dis que je suis comme ça' ; on le devient quand on persécute avec hargne celui qui a eu le courage de dire 'oui, c'est moi, c'est nous tous'.

Autre blanc dans l'histoire : à aucun moment, les autres, ceux qui n'y étaient pas, les policiers, la journaliste, le procureur, la fiancée ne semblent se poser la question :'et moi qu'aurais-je fait ? comment puis-je être sûr(e) que moi, j'aurais bien réagi ?'  Même le capitaine de police qui semble faire acte de courage ou de justice, en parlant à la journaliste, le fait dans l'anonymat, lui. Il peut quitter les lieux de la reconstitution la tête haute, en saluant la demoiselle qui, elle, est bien et ne mérite pas ça du seul fait qu'elle n'y était pas, mais il a, en balançant, fait comme les 37 autres témoins : il a choisi l'ombre et le mensonge. 

La fin est décevante parce que plate, réduite à une seule histoire de couple, 'ah et puis finalement, non, je ne te supporte pas comme ça.' (on verrait bien Louise épouser le capitaine Léonard, ensuite, un dur, un mâle droit dans ses bottes, qui ne lui fera jamais honte, au moins).

Dernier indice, hasard ou non, le prénom de l'anti-héros qui devient héros : Pierre. Le modèle de la lâcheté ou de la peur qui trahit, fuit, pleure, Erbarme dich, mein Gott, et puis, au final, ira tout au bout, en son temps de bravoure à lui, comme si on ne peut devenir vraiment courageux que si l'on a commencé par être apeuré.  Pas un Judas, non, juste un futur pape.

Dans la vie on prend toujours le mauvais chemin au bon moment. Dany Laferrière.