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Articles

Affichage des articles du octobre, 2012

le sentiment que quelque chose a un sens est une forme de notre activité

23. Dans un processus d'intégration, il existe toujours un point où les forces se touchent et cherchent à se combiner, où le travail se fait. Quand le processus est en marche, ce point forme le cœur de notre activité, ou mieux : son foyer. C'est là qu'elle est la plus intense et atteint parfois une sorte d'incandescence.  Cette fine pointe de l'activité se fait et se défait. C'est ce qui arrive lorsque je suis au café, qu'une idée se forme puis s'évanouit faute d'avoir trouvé une forme satisfaisante. Ma seule ressource est d'attendre que le processus d'intégration reprenne et que la pointe se reforme. Il y a quelques mois, à Paris, j'ai fait l'observation suivante. Après trois jours de rendez-vous et de travaux divers, terminés plus vite que prévu, je me trouve au seuil d'une belle journée d'avril dont je ne sais pas encore ce que je ferai. J'ai plusieurs idées, mais aucune ne l'emporte. Ce délicieux flottement se m…

A Fragment of Life

Darnell cast an anxious glance at the clock. 'Good-bye,' and they kissed each other seriously and dutifully, and Mary's eyes made Darnell think of those lonely water-pools, hidden in the shadow of the ancient woods. So, day after day, he lived in the grey phantasmal world, akin to death, that has, somehow, with most of us, made good its claim to be called life. To Darnell the true life would have seemed madness, and when, now and again, the shadow and vague images reflected from its splendour fell across his path, he was afraid, and took refuge in what he would have called the sane 'reality' of common and usual incidents and interests. His absurdity was, perhaps, the more evident, inasmuch as 'reality' for him was a matter of kitchen ranges, of saving a few shillings; but in truth the folly would have been greater if it had been concerned with racing stables, steam yachts, and the spending of many thousand pounds. But so went forth Darnell, day by day, str…

À chaque problème sa méthode

Je suis partisan d'un pluralisme que je qualifierai d'absolu ou de radical parce qu'il n'est soumis à aucun ordre supérieur et n'est pas censé se résorber dans une réalité plus vaste. Je considère cette sorte de pluralisme comme ce que l'Europe a produit de plus précieux. J'ai aimé la Chine, j'ai étudié ses traditions pendant cinquante ans, mais je n'y ai pas trouvé cela. Au terme de cette aventure, je me sens européen pour cette raison-là. Pluralité des personnes, des œuvres, des villes. Le pluralisme absolu vaut aussi sur le plan intellectuel. Je considère la pluralité des langues, des langages, des idées, des mots comme indépassable, d'où l'article indéfini dans le titre de ce petit ouvrage. Il s'agit d'un paradigme parmi d'autres, dont on se servira comme l'un des outils trouvés dans une caisse à outils. Ce pluralisme méthodologiques est fondamental. C'est celui que Pascal opposait à Descartes : à chaque problème sa …

Pluralité, égalité et pizzicato

Glenn Gould me remplit d'allégresse quand il joue du Bach parce qu'en détachant parfaitement toutes les lignes mélodiques, il crée à la fois une pluralité et une égalité. Il était gaucher, ce qui le portait à donner de l'importance aux basses, mais cet équilibre exprime surtout une sensibilité morale – protestante, celle de Bach. L'enchantement résulte d'un échange entre parties d'égale dignité. Ce contrepoint savant exige du pianiste une forme supérieure d'intégration : il doit déléguer entièrement à l'activité du corps l'exécution des différentes voix pour ne plus s'occuper que de leurs rapports, en se situant quelque part au-dessus et en s'y maintenant sans appui. L'auditeur est convié à un exercice analogue. Notons aussi la préférence de Glenn Gould pour le pizzicato : quand l'auditeur crée une mélodie à partir de notes détachées, il développe une activité plus intense que si elles étaient déjà liées. Il éprouve don plus de plais…

La vocation de devenir des personnes

Nous sommes égaux par nos dispositions.
Nou avons tous pour vocation de devenir des personnes. Il n'est que de voir les petits enfants, qui s'avancent si rapidement dans cette voie (ceci est un hommage à Constance, qui a deux ans). Mais nous devenons inégaux parce que les uns réalisent cette vocation, à un moment de leur vie, tandis que d'autres sont arrêtés en chemin par des difficultés qu'ils ne parviennent pas à surmonter. Ils se résignent à vivre à moitié. Si une crise salutaire ne vient pas les remettre en mouvement, ils dépérissent. Quand l'angoisse ou la souffrance qui les tient devient trop forte, il n'est pas rare qu'ils essaient d'y échapper en se détruisant ou en faisant du mal aux autres.

Huckleberry Finn

Huckleberry Finn was cordially hated and dreaded by all the mothers of the town, because he was idle and lawless and vulgar and bad – and because all their children admired him so, and delighted in his forbidden society, and wished they dared to be like him. Tom was like the rest of the respectable boys, in that he envied Huckleberry his gaudy outcast condition, and was under strict orders not to play with him. So he played with him every time he got a chance. Huckleberry was always dressed in the cast-off clothes of full-grown men, and they were in perennial bloom and fluttering with rags. His hat was a vast ruin with a wide crescent lopped out of its brim; his coat, when he wore one, hung nearly to his heels and had the rearward buttons far down the back; but one suspender supporter his trousers; the seat of the trousers bagged low and contained nothing, the fringed legs dragged in the dirt when not rolled up. Huckleberry came and went, at his own free will. He slept on doorsteps in…

Aria

My grandmother liked to tell this story. "The evening you were born, I looked out at the sky over Shangai. The setting sun was breaking through the clouds. I had never seen such a beautiful sunset. I remember thinking that your life would be a resplendent tapestry, just like that palette of reds. I was sure of it."
This book is made up of thirty chapters – like the thirty variations in Bach's masterwork, the Goldberg Variations. Thirty chapters plus an opening and closing aria, bringing the world full circle like time's continuum – like the wheel of life. I am often asked how a Chinese woman, brought up in such a distant cultural milieu, can play Bach. My hope is that after having read this book, the reader will understand and above all, have the desire to listen, or relisten, to Bach. I also hope that he or she will have the desire to read or reread Laozi, the great Chinese philosopher. For these two sages are very much alike, and their two cultures – Chinese and We…

Ich glaube, lieber Herr, hilf meinem Unglauben!

*
Si Cormac McCarthy avait enlevé tous les 'it's Okay' des dialogues dans 'The Road', je suis sûre que le bouquin aurait fondu de moitié. À part ça, c'est long, gris, monotone et je me demande s'il n'aurait pas mieux valu en faire une nouvelle. Disons que son succès m'étonne.


L'émotion comme phénomène d'intégration

Je découvrais ce fait extraordinaire que des émotions qui ne se sont pas manifestées restent programmées au fond du corps, et peuvent le rester indéfiniment. J'apprenais ce qu'est l'émotion : un bouleversement qui se produit quand des forces cessent de se bloquer les unes les autres et s'unissent pour se décharger ensemble. Les émotions qui n'avaient pas pu se former autrefois surgissaient maintenant. Ce grand dégel a manqué m'emporter (du moins l'ai-je cru), mais j'ai trouvé à ce moment-là la source que j'avais cherchée dans l'âge adulte. Cette source était en moi, c'était l'émotion. Depuis lors, l'émotion m'apparaît comme un phénomène d'intégration qui libère le corps d'un conflit qui le paralysait et lui rend la vie.
* La tristesse et l'angoisse me sont restées, mais comme une sorte d'inépuisable ressource. Lorsqu'elles me saisissent, je sais que je dois les laisser faire. Elles s'emparent de moi, mûris…

La mélancolie est une puissance d'agir absente

De tels actes, de tels mots imprévus semblent l'effet d'une divination. Dans d'autres circonstances, nous sentons que la situation est mûre pour qu'un événement se produise. Il est attendu, désiré, mais ne se produit pas. Je l'ai senti naître en moi, mais le processus d'intégration a buté sur un obstacle et n'a pas abouti. De là naît la mélancolie, qui est le sentiment d'une puissance d'agir absente.

L'éternité, jamais trop longue

Et je ne demandais rien de plus à Dieu, s'il existe un paradis, que d'y pouvoir frapper contre cette cloison les trois petits coups que ma grand'mère reconnaîtrait entre mille, et auxquels elle répondrait par ces autres coups qui voulaient dire: «Ne t'agite pas, petite souris, je comprends que tu es impatient, mais je vais venir», et qu'il me laissât rester avec elle toute l'éternité, qui ne serait pas trop longue pour nous deux.”

Belly forever

One thing I do know about intimacy is that there are certain natural laws which govern the sexual experience of two people, and that these laws cannot be budged any more than gravity can be negotiated with. To feel physically comfortable with someone else’s body is not a decision you can make. It has very little to do with how two people think or act or talk or even look. The mysterious magnet is either there, buried somewhere deep behind the sternum, or it is not. When it isn’t there (as I have learned in the past, with heartbreaking clarity) you can no more force it to exist than a surgeon can force a patient’s body to accept a kidney from the wrong donor. My friend Annie says it all comes down to one simple question: “Do you want your belly pressed against this person’s belly forever—or not?

Un Air de famille

Très bien. Je m'aperçois que les films fondés sur un scénario de théâtre ne m'ennuient jamais, de même le théâtre, en fait.  Ou que le rythme est tout de suite et forcément plus soutenu, plus enlevé, à l'opposé de l'ennui qui me gagne souvent devant les longueurs d'un film. Sans doute parce que c'est de la littérature et que le rythme se soumet aux répliques, aux mots et non aux images.
Du coup, cela m'a donné envie d'entendre Caruso.

une femme capable d'être allée à Bayreuth peut faire les cent dix-neuf coups

Les femmes complètement nulles étaient attirées vers Odette par une raison contraire; apprenant qu'elle allait au concert Colonne et se déclarait wagnérienne, elles en concluaient que ce devait être une «farceuse», et elles étaient fort allumées par l'idée de la connaître. Mais peu assurées dans leur propre situation, elles craignaient de se compromettre en public en ayant l'air liées avec Odette, et, si dans un concert de charité elles apercevaient Mme Swann, elles détournaient la tête, jugeant impossible de saluer, sous les yeux de Mme de Rochechouart, une femme qui était bien capable d'être allée à Bayreuth—ce qui voulait dire faire les cent dix-neuf coups.

Ach, ich sehe, itzt, das ich zur Hochzeit gehe

Metropolis

Je ne sais pas si c'est intentionnel ou inconscient ou une drôlerie du hasard, mais Fredersen ressemble pas mal à Atatürk…



je confie au corps le soin de former des idées

Novalis se donnait cette règle : "Quand le corps bouge ou travaille, observer l'esprit ; quand il se passe quelque chose dans l'esprit, observer le corps." Il opposait encore le corps et l'esprit. Pour échapper à cette séparation artificielle, je préfère considérer que je confie au corps le soin de former des idées. Le corps est dans ces moments-là un vide. Il est un vide actif parce que c'est de lui que surgissent les idées. Quand elles sont mûres, il les livre à la conscience, qui se borne à les recevoir.

Soleils couchants

Une aube affaiblie
Verse par les champs
La mélancolie
Des soleils couchants.
La mélancolie
Berce de doux chants
Mon cœur qui s'oublie
Aux soleils couchants.
Et d'étranges rêves,
Comme des soleils
Couchants, sur les grèves,
Fantômes vermeils,
Défilent sans trêves,
Défilent, pareils
À des grands soleils
Couchants, sur les grèves. Paysages tristes, I.

Four Brothers : intelligence, friendship, strength and poetry

Ketut went on to explain that the Balinese believe that we are each accompanied at birth by four invisible brothers, who come into the world with us and protect us throughout our lives. When the child is in the womb, her four siblings are even there with her – they are represented by the placenta, the umbilical cord and the yellow waxy substance that protects an unborn baby's skin. When the baby is born, the parents collect as much of these extraneous birthing materials as possible, placing them in a coconut shell, and burying it by the front door of the family's house. According to the Balinese, this buried coconut is the holy resting place of the four unborn brothers, and that spot is tended to forever, like a shrine. The child is taught from earliest consciousness that she has these four brothers with her in the world wherever she goes, and that they will always look after her. The brothers inhabit the four virtues a person needs in order to be safe and happy in life : int…

Cats était-il un "bourgeois" ?

Cats était-il un "bourgeois" ? Qui ne l'était pas ? Les mendiants, les prostituées et les courtisans de Hionselaarsdijk, mais cela laisse une foule de gens entre les deux extrêmes. Ailleurs en Europe, le terme désigne un si petit nombre de types sociaux qu'il peut en garder une grande force descriptive. Aux Pays-Bas, son champ d'application est si vaste qu'il en devient parfaitement inutile. Ce terme, après tout, appartient au vocabulaire classificatoire de la science sociale matérialiste des XIXe et XXe siècles – laquelle posa en postulat que les systèmes de croyance étaient des appendices du pouvoir social. Il est bien connu que ces cadres d'analyse culturelle insistent de manière réductrice sur un continuum social qui va de la division du travail à la destination de l'âme. Et cette tautologie, qui n'est qu'une invite à la paresse, s'est donc fixée, telle un vert-de-gris intellectuel, sur des descriptions culturelles qui commencent (et …

Le bretzel et le chiot

Que fait donc cette fillette, un bretzel à la main ? Il est fort peu vraisemblable qu'elle trottinât tout bonnement alentour avec un craquelin géant – ainsi que son chiot – et que Jacob Cuyp ait trouvé la scène si attirante qu'il l'ait faite poser ainsi – à la manière dont Rembrandt croquait ses dessins d'enfants sur le vif. On peut à coup sûr exclure la spontanéité fantasque. Cuyp s'était fait, entre autres choses, une spécialité de ces gosses songeurs, aux yeux en soucoupes et aux joues pleines et vermeilles, de ces bambins "gras et joufflus" suivant la description de Grosley. Ses séduisants enfants étaient des versions enjolivées des créatures à face lunaire qui font le diable dans les tableaux "grouillants" de Brueghel. Mais ils avaient été dépouillés des aspects problématiques de la personnalité enfantine – mélange d'innocence et d'étourderie, recherchant le plaisir et allant au-devant du désastre moral – que personnifiaient les ima…

Mo Yan : La Dure Loi du karma

Mo Yan prix Nobel de littérature : C'est le moment de ressortir les vieux papiers…





"Je suis innocent !" Ainsi clame Ximen le Trublion au Roi des Enfers, après deux ans de supplices bien chinois qui font penser à la recette des beignets frits ou d'un menu vapeur. Innocent quand on le fusilla, en tant que propriétaire terrien, innocent dans l'autre monde, où il n'a rien à se reprocher ! Et alors ? répond le Roi des Enfers en riant,

"on le sait que tu es innocent. Sur terre, ils sont nombreux ceux qui mériteraient la mort mais qui ne meurent pas pour autant, alors que tout aussi nombreux sont ceux qui ne devraient pas mourir mais qui meurent pourtant. Il s'agit d'une réalité sur laquelle notre tribunal n'a aucune prise. Pour l'heure nous allons faire une exception en ta faveur et te rendre la vie."

Et c'est ainsi que Ximen Nao, propriétaire terrien du village de Ximen, marié, deux concubines, deux enfants, reviendra sur terre succe…

La mélancolie, c'est l'absence

Joli extrait d'entretien avec Jean Starobinsky dans le Télérama de cette semaine, interrogé sur le pendant de la mélancolie :

La présence. Car la mélancolie, fondamentalement, c'est l'absence. Mais en même temps, le mélancolique, en se repliant sur lui-même, peut se réfléchir lui-même… et la mélancolie devenir ainsi miroir de la mélancolie.

the old language was spoken only by the old people

Many people who were recorded in statistics as French-speakers would have spoken the language only during a certain phase of life, when they were serving an apprenticeship, travelling to markets or working in a town. The dormancy of the local language could create the impression – often a false impression – that it was disappearing. For the last hundred and fifty years, examples of 'pure' patois have been collected from people invariably described as 'old', as if a separate, senescent species somehow propagates itself and its language without ever growing young. Generation after generation, countless people said the same thing : that the old language was spoken only by the old people. A woman in a small Alsacian town of Thann told me this (in French) in 2004. She was probably born in the early 1970s. It turned out, however, that when she talked to her little daughter at home, she used Alsatian. The younger woman who was with her – and introduced herself – as an exampl…

38 témoins

Un très bon film, captivant, mais qui est présenté comme une fable morale sur la lâcheté, alors que je trouve que c'est le contraire, il aurait pu s'appeler La Conquête du courage, comme le titre français de The Red Badge of Courage. Car c'est l'histoire d'un homme qui, comme tous les autres, surpris par l'effroi de l'inimaginable violence, n'a pas su réagir rationnellement. Mais qui, à la différence des autres, s'est repris ensuite et a décidé de jouer le bouc émissaire, la balance, l'homme qui s'attache lui-même au piloris pour assumer et exposer sa faute qui est celle de tous les autres : ecce homo. On n'est pas lâche d'avoir eu impulsivement peur, dans un premier geste de recul ou de fuite. On ne l'est même pas quand on ment à l'autorité, par peur enfantine, 'je ne serai plus digne d'amour si je dis que je suis comme ça' ; on le devient quand on persécute avec hargne celui qui a eu le courage de dire 'oui…

Bénissez ce repas

Les aubergistes meurent souvent populaires et Gerrit Van Uyl ne fit pas exception à la règle. Au regard même des normes libérales qui réglaient les veillées mortuaires dans les petites villes, ses funérailles, qui se déroulèrent à Sloten, dans la Frise, le 21 mai 1660, furent tout à fait exceptionnelles. Si l'on en croit un contemporain,  le cortège s'étendait sur cinquante-six roofs, en sorte qu'il devait pratiquement rassembler la ville entière sans oublier les patrons venus de partout – et la population locale de vagabonds qui fermaient la marche. Pour l'époque, cela faisait une bonne compagnie – quelques centaines de gens de la campagne frisonne. Mais même ainsi, la succession de Van Uyl avait veillé à ce qu'ils eussent suffisamment à manger. La facture de la chère comprenait : 20 têtes de bœuf de vin français et rhénan  70 feuillettes de bière  1 100 livres de viande "rôtie sur la Konigsplein"  500 livres d'aloyau  28 poitrines de veau  12 mouto…

Dans la République des enfants : I. Sagouins

L'art hollandais n'a pas inventé l'image de l'enfant mortel, mais la culture hollandaise fut la première à le faire impoli. Par définition, les putti ne sauraient avoir le postérieur sale. Alors même que Rubens festonnait ses peintures d'histoire de petits enfants roses et potelés, Dou intégra le détail éminemment prosaïque du derrière torché dans son Charlatan – tableau de genre aussi spirituel que compliqué. Non qu'il s'agisse de traduire, de quelque manière que ce soit, l'amour d'un robuste bébé, avec sa merde et tout ce qui s'ensuit. Car Dou – à qui s'attache une réputation de peintre exigeant jusqu'au fanatisme – a fort bien pu choisir cette scène avec répugnance parmi tout un éventail d'images connotant l'imposture du monde, la bassesse qui se cache derrière la joliesse. En fait, il a bien pu citer aussi l'emblème de 1624 du calviniste zélandais Johan de Brune, dans lequel le derrière que l'on torche est représenté …
"So this is God", I thought.
"Congratulations to meet you."

not a single Breton peasant had ever heard of bards and Druids

THE SENSE OF IDENTITY attached to these little pays was more potent than any later sense of being French. The paysans had no flags or written histories, but they expressed their local patriotism in much the same way as nations: by denigrating their neighbours and celebrating their own nobility. 
*
 After a four-year expedition to Brittany, a folklorist returned to Paris in 1881 to report – no doubt to the disappointment of Romantic lovers of the misty Armorican peninsula – that not a single Breton peasant had ever heard of bards and Druids.”