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Articles

Affichage des articles du novembre, 2012

the impossible was much more exciting

For the first time in my life, I was completely free to choose. And so I chose. A month after my arrival, my mind was made up. As usual, my decision was more intuitive—more unconscious—than reasonable or logical. But then, reason had never much interested me. I couldn’t do what everyone else did: the impossible was much more exciting.

Les musiciens de Chantepie

Pour avoir moins chaud nous prenions par la forêt de Chantepie. L'invisibilité des innombrables oiseaux, quelques-uns à demi marins, qui s'y répondaient à côté de nous dans les arbres donnait la même impression de repos qu'on a les yeux fermés. A côté d'Albertine, enchaîné par ses bras au fond de la voiture, j'écoutais ces Océanides. Et quand par hasard j'apercevais l'un de ces musiciens qui passaient d'une feuille sous une autre, il y avait si peu de lien apparent entre lui et ses chants que je ne croyais pas voir la cause de ceux-ci dans le petit corps sautillant, humble, étonné et sans regard.

M. de Charlus et saint Michel

« Est-ce que vous comptez rester longtemps sur la côte ? demanda Mme Verdurin à M. de Charlus, en qui elle pressentait un fidèle et qu'elle tremblait de voir rentrer trop tôt à Paris. – Mon Dieu, on ne sait jamais, répondit d'un ton nasillard et traînant M. de Charlus. J'aimerais rester jusqu'à la fin de septembre. – Vous avez raison, dit Mme Verdurin ; c'est le moment des belles tempêtes. – À bien vrai dire ce n'est pas ce qui me déterminerait. J'ai trop négligé depuis quelque temps l'Archange saint Michel, mon patron, et je voudrais le dédommager en restant jusqu'à sa fête, le 29 septembre, à l'Abbaye du Mont. – Ça vous intéresse beaucoup, ces affaires-là ? » demanda Mme Verdurin, qui eût peut-être réussi à faire taire son anticléricalisme blessé si elle n'avait craint qu'une excursion aussi longue ne fit « lâcher » pendant quarante-huit heures le violoniste et le baron. « Vous êtes peut-être affligée de surdité intermittente, répondit…

A Dream

'So I awoke from a dream of a London suburb, of daily labour, of weary, useless little things; and as my eyes were opened I saw that I was in an ancient wood, where a clear well rose into grey film and vapour beneath a misty, glimmering heat. And a form came towards me from the hidden places of the wood, and my love and I were united by the well.'

'un médecin de la famille sait rendre bien des petits services'

Le shake hand plein d’émotion que, en pénétrant dans le vestibule de la Raspelière, et en manière de condoléances pour la mort du pianiste, Brichot donna au Patron ne provoqua de la part de celui-ci aucun commentaire. Je lui dis mon admiration pour ce pays. « Ah! tant mieux, et vous n’avez rien vu, nous vous le montrerons. Pourquoi ne viendriez-vous pas habiter quelques semaines ici? l’air est excellent. » Brichot craignait que sa poignée de mains n’eût pas été comprise. « Hé bien! ce pauvre Dechambre! dit-il, mais à mi-voix, dans la crainte que Mme Verdurin ne fût pas loin. — C’est affreux, répondit allègrement M. Verdurin. — Si jeune», reprit Brichot. Agacé de s’attarder à ces inutilités, M. Verdurin répliqua d’un ton pressé et avec un gémissement suraigu, non de chagrin, mais d’impatience irritée:  « Hé bien oui, mais qu’est-ce que vous voulez, nous n’y pouvons rien, ce ne sont pas nos paroles qui le ressusciteront, n’est-ce pas? » Et la douceur lui revenant avec la jovialité: « Al…

In sooth, I know not why I am so sad.

ANTONIO
In sooth, I know not why I am so sad.
It wearies me; you say it wearies you;
But how I caught it, found it, or came by it,
What stuff 'tis made of, whereof it is born,
I am to learn;
And such a want-tit sadness makes of me
That I have much ado to know myself.

Bonne chanson

Le bruit des cabarets, la fange des trottoirs,
Les platanes déchus s'effeuillant dans l'air noir,
L'omnibus, ouragan de ferraille et de boues,
Qui grince, mal assis entre ses quatre roues.
Et roule ses yeux verts et rouges lentement,
Les ouvriers allant au club, tout en fumant
Leur brûle-gueule au nez des agents de police,
Toits qui dégouttent, murs suintants, pavé qui glisse,
Bitume défoncé, ruisseaux comblant l'égout,
Voilà ma route – avec le paradis au bout.

Étranglement

Les approches du bonheur sont, pour les vrais amants, comparables à ce que la poésie catholique a si bien nommé l’entrée du paradis, pour exprimer un lieu ténébreux, difficile, étroit, et où retentissent les derniers cris d’une suprême angoisse.

Was soll ich aus dir machen, Ephraim?

An Angel At My Table, j'adore. Je ne m'attendais pas à ça de la part de Jane Campion en repensant à La Leçon de piano.




L'idée me vient soudain, un matin, café en main que si je regarde les films en plusieurs fois, et très rarement tout d'une traite – trait que je partage avec Mademoiselle Frog – c'est qu'en fait, nos regardons les films en lectrices, et pas forcément parce que le cinéma nous ennuie si vite, comme nous le croyions jusque-là. Nous les lisons comme des livres d'images. 
Avec l'heure d'hiver, on se dit 'au moins, pas de marmot braillard' pour hurler son ventre vide. Mais voilà : chat triplement gueulard et outragé devant gamelle par ailleurs pas du tout vide.

'Ah, if he could only die TEMPORARILY!' (Tom Sawyer).

The true story of Barry

The most famous animal hero produced by this colonization of the animal kingdom was a dog called Barry who worked at the monastery on the Great Saint Bernard Pass. As early as the eighth century, the Saint Bernard dogs had been  trained to find travellers who were lost in the fog and snow, which makes their paramedical profession one of the oldest in Europe. All but one were wiped out by an epidemic in 1820. The sole survivor was mated with a breed related to the Pyrenean sheepdog. Unlike most dogs, the Saint Bernards yearned to go outside when a storm was brewing and when drifting snow was reinforcing the grey walls of their fortress. They not only patrolled the past and sought out helpless travellers, they also took preventive action: they had been known to set off people who passed the monastery and who seemed, in the dogs' estimation, to be unlikely to complete their journey.
Most engravings show the Saint Bernard dogs carrying a neat little brandy-cask on their collar. In fa…

Jugement, pardon et promesse

Examinons comment se prend une décision. Elle se prend d'elle-même quand je parviens à mettre en accord mes besoins et mes désirs avec les divers éléments de la situation dans laquelle je me trouve – ou plutôt : quand tout cela finit par s'accorder en moi. Mes décisions m'appartiennent, puisqu'elles ont leur origine en moi et déterminent la suite de mon action, et cependant ne m'appartiennent pas parce qu'elles se forment sans que je sache comment, et souvent sans que j'en connaisse toutes les sources. Certaines naissent dans les profondeurs du corps, loin de mon activité consciente.  Il en va de même de nos jugements. Je ne parle pas de ceux que nous prononçons en vertu de critères établis et qui ne sont au fond que des raisonnements. Je pense au jugement par lequel je me détermine, en me prononçant sur ce que j'estime bien ou mal, beau ou laid. Ce jugement-là est une synthèse qui se produit en moi et que j'assume comme mienne. En l'exprimant, …

The myth of the horse-torturing peasant

Perceptions of suffering change with every generation and from one country to the next. Many foreign visitors were struck by the gentleness of French coach drivers and sometimes cursed them for not whipping their horses into a gallop. Horses suffered more from stupidity, ignorance and inefficiency than from deliberate cruelty. As long-distance coaches travelled south, the sturdy Percheron horses for which the coaches were designed were replaced by spindly nags who found the lumbering vehicle a cruel burden. The same fate befell the little Cossack horses left behind after the Allied invasions of 1814 and 1815. Horses were expected to share their owners' discomfort. The patient mares of market-gardeners from Roscoff on the Breton coast were known as 'thirty leagues beasts' because they carried the cauliflowers and artichokes for thirty leagues (eighty-three miles) without stopping, just as their owners went without food until the load was sold at Rennes or Angers. The brutal…